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Les Filles de Caleb : une série qui est passée à l’histoire

Marie-Lyse Paquin

18 janvier 2019

Marina Orsini dans le rôle d'Émilie Bordeleau / Crédit : Attraction images

« Le jeudi soir, il n’y avait pas de trafic à Montréal, et les salles d’urgence étaient presque vides pendant la diffusion des Filles de Caleb. » Jean Beaudin

L’adaptation du roman Les filles de Caleb a marqué l’histoire de la télévision québécoise. Dès son lancement, en octobre 1990, plus de 3 millions de téléspectateurs étaient au rendez-vous, et la série a battu tous les records en atteignant 3 664 000 téléspectateurs en cours de saison.

Le tournage a été tout aussi historique : plus de 180 jours de tournage sur 2 ans dans un village d’époque reconstitué à Saint-Jean-des-Piles, en Mauricie. Devant l’engouement général pour la série, on a transporté les décors dans un village-musée qui a accueilli en tout 400 000 visiteurs jusqu’en 2002, dans le secteur de Grand-Mère.

Les filles de Caleb, c’est avant tout une histoire d’amour brûlante entre une maîtresse d’école, Émilie Bordeleau, et son élève, Ovila Pronovost, campée dans un univers rural au tournant du 20siècle. Les Québécois y ont retrouvé leur histoire, leurs racines, les expressions colorées de leurs grands-parents, ce monde qui peut sembler si lointain, mais qui ne remonte pourtant qu’à quelques générations.

Même si Arlette Cousture a un peu romancé l’histoire de ses grands-parents, il reste que la vraie Émilie Bordeleau était un personnage plus grand que nature. Tête forte à une époque où l’on s’attendait à ce que les femmes obéissent docilement à leur père, Émilie est devenue institutrice à 15 ans, malgré les réticences de sa famille. Plus tard, à 21 ans, elle a marié son ancien élève, Ovila, sans le consentement de son père, qui s’opposait à ce mariage passionné. Il lui a fallu encore plus de cran pour affronter les ragots et les préjugés en tant que mère de famille séparée dans un petit village à la suite du départ de son mari pour l’Abitibi.

 

Émilie Bordeleau dans sa robe de mariée | Gracieuseté de Nathalie Jean, auteure de La vraie histoire d'Émilie Bordeleau.

« Il fallait une femme forte et décidée pour incarner Émilie. Marina Orsini porte naturellement cette force en elle. Quand elle a quelque chose dans la tête, elle ne l’a pas dans les pieds! », fait remarquer le réalisateur Jean Beaudin, qui a effectué des centaines de bouts d’essai pour sélectionner, en collaboration avec Lucie Robitaille, la belle brochette de talents de la série.

De son côté, Roy Dupuis, jeune comédien peu connu, s’apprêtait à partir jouer au théâtre en France, lorsque son contrat a été retardé, lui laissant ainsi le temps de passer une audition pour le rôle d’Ovila. Parfois, les astres s’alignent. Le comédien relate dans ce reportage que sa vie n’a plus jamais été la même au lendemain de la première diffusion des Filles de Caleb.

« Roy est un vrai acteur. Dans les premiers épisodes, il devait jouer un adolescent de 15-16 ans qu’il a rendu crédible seulement par sa manière de marcher et de bouger », se rappelle Jean Beaudin.

Pour couronner son succès phénoménal, la série a remporté 13 Gémeaux en 1991, dont ceux de la meilleure série dramatique, de la meilleure réalisation, et des meilleurs comédiens dans des premiers rôles et rôles de soutien masculins et féminins.

Dans une série de billets historiques qui seront publiés tout au long de la rediffusion de la série, nous vous invitons à découvrir l’univers fascinant de nos arrières-grands-parents.

Replongez dans l'univers des Filles de Caleb en écoutant les rediffusions sur les ondes d'ICI ARTV. Pour connaître les horaires, consultez la page de l'émission. ICI Radio-Canada Première s'est également intéressée à cette saison. Cliquez ici pour écouter cette série audio de cinq épisodes sur Les filles de Caleb.