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L’intérêt du réalisateur Jean-Sébastien Ouellet pour l’effet thérapeutique de l’art ne date pas d’hier. De 2014 à 2016, il a fait paraître une trilogie de films intitulée L’art qui fait du bien composée d’un premier film s’articulant autour du Musée des beaux-arts de Montréal, d’un second s’intéressant au Théâtre du Nouveau Monde et au Cirque du Soleil, et d’un troisième traitant des Grands Ballets et de l’Orchestre métropolitain.

 

J’ai toujours voulu faire la démonstration que l’art, soit dans sa pratique ou dans sa contemplation, peut changer le cours des choses et faire une différence dans la vie des gens, affirme le réalisateur.

 

En 2018, Les Grands Ballets ont invité Jean-Sébastien à venir réaliser une courte capsule vidéo sur un projet qu’ils avaient en tête; celui de faire venir le chorégraphe français Abou Lagraa à Montréal pour monter, en 5 jours, un spectacle de danse avec 19 jeunes filles issues d’un quartier défavorisé de Montréal. Lorsqu’il a constaté la richesse sur le terrain, Jean-Sébastien a décidé de passer la semaine avec le groupe, plutôt que les quelques heures initialement prévues.  

Le chorégraphe français Abou Lagraa

 

« Durant toute la semaine, on était hyper émus de ce qu’on voyait, nous raconte-t-il. C’était des moments tout simples, mais dans lesquels il y avait tant de vie et de beauté... Lorsqu’on est arrivés en salle de montage et qu’on a commencé à travailler sur le matériel qu’on avait recueilli, ça a fini par devenir un documentaire de 52 minutes. Ce n’était pas prévu que ça devienne un aussi gros projet, c’est la magie qu’on a vécue sur place qui nous a donné le goût de partager cette histoire-là. »

 

Quel a été le plus grand défi de Jean-Sébastien durant le tournage? « Retenir mes larmes, nous répond-il de but en blanc. Ce qui se passait était tellement grand, intense et beau… Je ne sais pas combien de fois je suis allé me cacher derrière les rideaux parce que j’étais trop ému de ce que je voyais. Ça a été un vrai privilège d’être là. »

 

Et s’il devait résumer l’expérience de ces jeunes filles en un seul mot, quel serait-il? « Intensité. Elles ont vécu en une semaine ce qui se passe normalement en trois mois dans une troupe de danse. Intense en ce qui concerne le travail et le stress, mais aussi les émotions et le plaisir. Je crois qu’elles en ont gardé le goût de s’exprimer et le goût de s’accomplir, que ce soit individuellement ou collectivement. »

 

Le documentaire  5 jours sera présenté sur ICI ARTV le lundi 29 avril à 20h30 à l’occasion de la Journée internationale de la danse.