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Un homme qui ne connait pas de frontière. Petit, il rêvait de conquérir les États-Unis. Il aura finalement conquis toute la francophonie. À l’aube de la cinquantaine, l’humoriste et désormais chanteur Anthony Kavanagh s’assoit avec Véronique Cloutier et regarde dans le Rétroviseur.
 


Chaque semaine, Véronique Cloutier accueille un invité pour une entrevue intimiste et singulière. Ensemble, ils remontent le temps et visionnent des images d’archives. Est-ce que leur discours a changé avec les années? C’est ce qu’ils découvrent dans le Rétroviseur, le vendredi 21h30 sur ICI ARTV ou en rattrapage sur sans la section Véro.TV d'ICI Tou.tv EXTRA.


 

L’ambition d’Anthony Kavanagh

 

Dans ses premières années de carrière, Anthony Kavanagh dévoilait souvent son plan de carrière en entrevue, en pleine confiance. En 1995, à l’émission Christiane Charrette en direct, il spécifie l’importance des numéros chantés dans ces spectacles pour démontrer au public qu’il est autant un chanteur à part entière qu’il est humoriste. En 2000, au téléjournal, il prévoit tenter sa chance dans le marché anglophone. Finalement, il aura conquis la France.

Aujourd’hui, qu’en est-il de sa volonté de percer aux États-Unis?

 

« La France, c’est ce que j’ai appelé le bel accident. Au départ, l’Europe ne m’intéressait pas du tout. Et puis, plein de choses sont arrivées.  Finalement, j’y suis resté 20 ans. »


 

En 2001, à Enjeux, l'humoriste parlait de sa maman, son modèle,  avec une grande admiration : 

 

  • « Ma mère qui vient d’un pays du tiers-monde, qui a fait son cégep ici, qui s’occupait de nous, qui s’occupait de la maison, elle allait travailler. Après il y a eu l’université, elle devient infirmière, elle fait sa maitrise, elle monte les échelons et devient directrice de l’hôpital. Je me dis, qu’est-ce que je fais? Je suis né dans la ouate au Québec. La vie est belle. Elle est sortie de la pauvreté crasse d’Haïti, la pauvreté abjecte. Après tout ce qu’elle m’a donné, je n’ai pas le droit de ne pas réussir. »
    - Anthony Kavanagh, 2001.

 

Et qu’est-ce que représentait la réussite dans sa famille?

 

« Mes parents voulaient simplement que je sois heureux. Comme tous les parents, ils veulent que tu aies un boulot stable, que tu gagnes ta vie. (…) La pression était là au niveau humain. Il fallait que tu sois une bonne personne, il fallait être respectueux, il fallait respecter tes aînés, il y avait tout ça chez mes parents. Donc ça, c’était très important. »
- Anthony Kavanagh, 2019

 

 

Anthony Kavanahg et la paternité

 

À l’émission Accès illimité en 2017, l’humoriste s’est exprimé sur la difficulté de son rôle de père :

 

« Quand j’étais enfant, j’avais l’impression que mes parents savaient tout. Là c’est moi le papa, et j’ai l’impression que je sais rien. Ils te posent des questions, heureusement qu’il y a Google! (rires) »
- Anthony Kavanagh, 2017

 

Qu’est-ce que la paternité a changé chez Anthony Kavanagh?

 

« Un enfant, ça change tout. Un enfant c’est un philosophe, c’est un humoriste, c’est un miroir. C’est une partie de toi qui t’est reflétée. Tu revis ta vie au travers tes enfants. Tu les aimes, tu as envie de les étriper aussi. J’avais effectivement l’impression que mes parents savaient tout, parce que je me souviens que dans ma tête, quand je posais une question, ils avaient toujours la réponse. Avec mes enfants, je n’ai pas toujours la réponse et quand je ne le sais pas, je l’admets. »
-Anthony Kavanagh, 2019


 

La peur de l’oubli
 

En 2008, Anthony Kavanagh est revenu au Québec avec un nouveau spectacle après être passé quelques années en Europe. À Tout le monde en parle cette année-là, il exprimait sa crainte que les Québécois l’aient oublié avec tant d’années. Par contre, les choses ont bien changé depuis.

 

« J’ai toujours eu cette peur-là. Depuis le premier jour où je suis parti en Europe. Quand je suis revenu cette fois-ci, c’est peut-être parce que je suis revenu m’installer vraiment ici, cette peur est partie. En fait, je l’ai accepté. »
- Anthony Kavanagh, 2019



 Le rôle de l’humoriste

 

En entrevue avec Stéphane Bureau en 2009, il s’exprimait sur le rôle de l’humoriste en société :

 

« Un humoriste, c’est le miroir instantané de la société. Tu as une bonne image de la société dans laquelle tu vis en écoutant les humoristes de l’époque. (…) Tu prends une brochette de 10 humoristes, tu regardes leurs shows et tu sais exactement ce qui se passait dans la société. »
- Anthony Kavanagh, 2009

 

Comment voit-il le métier d’humoriste aujourd’hui?

 

« On a la chance d’être dans un métier qui garde jeune. Parce que t’es obligé de t’intéresser à plein de choses. Donc j’espère que je serai encore pertinent dans vingt ans et que je pourrai regarder dans le rétroviseur et me dire que j’ai fait ce que j’ai voulu faire ou tu moins j’aurai tant de le faire. Je préfère avoir des remords que des regrets. » 
- Anthony Kavanagh, 2019

 

 


POUR EN SAVOIR PLUS 
 

Le retour à la vie d'Anthony Kavanagh
Anthony Kavanagh à la défense des personnes souffrant de l’apnée du sommeil
Anthony Kavanagh devient chanteur (La Presse)