Des édifices extraordinaires construits par des artistes

Des édifices extraordinaires construits par des artistes
Crédit : Collection Palais idéal du facteur Cheval / Photographe : F. Jouhanin

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À la fois architectures et œuvres d'art, ces édifices étonnants et extravagants construits par des artistes sont empreints de détails fascinants et attirent un public curieux. Voici des palais et jardins hors du commun, imaginés par des créateurs et des créatrices qui n’ont pas eu peur du défi!

 

Le palais idéal du facteur Cheval

Plusieurs vues du palais idéal du facteur Cheval.
Crédit : Collection Palais idéal du facteur Cheval / Photographe : F. Jouhanin

Il aura fallu 33 ans à Joseph Ferdinand Cheval (1836-1924), un facteur originaire de la Drôme, en France, pour construire tout seul ce qu’il nomme son palais idéal. Entre 1879 et 1912, Cheval concrétise son rêve en donnant vie à un édifice excentrique, surréaliste et aux ornements qui semblent tout droit sortis d’un conte de fées.

Il s’agit d’un véritable exploit puisque la structure de ce château insolite comporte de nombreux détails : sculptures d’animaux, de personnages imaginaires, jardin luxuriant, cascade, façades hétéroclites inspirées par les architectures du monde entier, une centaine d’inscriptions poétiques, etc. Le créateur autodidacte s’est notamment inspiré de la nature, des diverses mythologies et religions, mais aussi des cartes postales, apparues récemment. 

Considéré comme monument historique depuis 1969, ce palais insolite attire l’attention de plusieurs artistes de renom dès les années 1930, dont Pablo Picasso et André Breton. Désormais devenue la propriété de la municipalité de Hauterives, il est possible de visiter ce palais et même de toucher à la pierre, selon la volonté du facteur. Ce bâtiment inclassable et déroutant continue d’émerveiller ceux et celles qui le visitent et s’apprête à accueillir le passage de la flamme olympique au printemps 2024.

Réalisé par Nils Tavernier, le film biographique L'incroyable histoire du facteur Cheval retrace la vie et le projet fou de Joseph Ferdinand Cheval. Le film est diffusé sur ICI ARTV le 1er décembre à 23 h.

 

Le Jardin des Tarots de Niki de Saint Phalle

C’est vers la fin de sa carrière que l’artiste franco-américaine Niki de Saint Phalle (1930-2002) entreprend de bâtir son Jardin des Tarots, situé au cœur de la campagne toscane, à Capalbio. Fortement inspirée par le parc Güell à Barcelone de l'architecte catalan Antoni Gaudí, ainsi que par la réalisation du facteur Cheval, l’artiste bâtit plusieurs sculptures monumentales aux couleurs vibrantes d’après les 22 arcanes majeurs du jeu de tarot. Envoûtant et singulier, ce jardin rempli de sculptures, habitables pour la plupart, regorge de mosaïques colorées et de facettes miroitantes qui captivent le regard.

L’artiste y vit de nombreuses années, notamment lors de la construction du domaine. C’est l’édifice-œuvre nommé L’impératrice qui lui sert de résidence. Sa chambre à coucher, alors située dans la poitrine de la statue géante, symbolise la femme et la maternité protectrice.

Les silhouettes féminines et le symbolisme ont toujours fait partie de sa pratique artistique, mais c’est dans cet immense jardin que Niki de Saint-Phalle donne vie à ses créations les plus ambitieuses. 

Démarré en 1979 et achevé en 1993, cet ouvrage qui était un rêve d’enfant pour sa créatrice est entièrement financé par la vente de ses autres productions artistiques. Pour la réalisation de cette œuvre singulière et colossale, elle a fait appel à son conjoint l’artiste suisse Jean Tinguely, à une vaste équipe composée de spécialistes en sculpture et céramique, ainsi qu’à l’architecte Mario Botta. Depuis la fin des années 1990, il est possible de déambuler à travers ce musée à ciel ouvert, accessible du printemps à l’automne, et entretenu par une fondation privée. 

 

Le musée Robert Tatin

Figure importante du mouvement de l'art naïf, l’artiste français Robert Tatin (1902-1983) a l’intention d’immerger le public au sein d’un « environnement d'art » lorsqu’il érige, entre 1962 et 1983, le site désormais connu sous le nom de musée Robert Tatin.

Au départ, il s’agit d’une vieille maison dans laquelle il vit avec son épouse à Cossé-le-Vivien, dans l’ouest de la France, appelée la « maison des champs » en raison du paysage et des pâturages qui l'entourent. Au fil des années, s’ajoutent plusieurs grandes sculptures en ciment coloré qui font écho aux symboles et constructions des civilisations orientales, mais aussi aux figures historiques occidentales comme Vercingétorix et Van Gogh.

De plus, des statues à l'effigie des personnalités admirées par Tatin, comme Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon et Jules Verne font partie de l’allée des Géants, un chemin bordé de totems qui permet de se rendre au musée. 

Pendant deux décennies, l’artiste puise dans ses expertises en peinture et en sculpture pour donner vie à ce lieu atypique et maximaliste qui frappe l’imaginaire. Le domaine, ouvert aux touristes, comporte également une salle d'exposition présentant, en plus de celles de son bâtisseur, d’autres œuvres d’art contemporaines. 

 

À bientôt pour un autre billet de la série insolite!