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Culturama – Entrevue avec Chantal Lamarre

Culturama – Entrevue avec Chantal Lamarre

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Comme nous vous l’annoncions il y a quelques mois, Chantal Lamarre sera à la barre d’une toute nouvelle émission culturelle appelée Culturama, qui sera diffusée les vendredis à 20 h dès le 14 janvier. Cette nouvelle proposition visera à mettre en lumière des aspects méconnus de certaines œuvres, qu’elles soient classiques ou contemporaines, d’artistes du Québec et d’ailleurs. L’animatrice chouchoute du public québécois sera accompagnée d’une grande équipe de collaborateurs et collaboratrices de tous les genres qui l’épauleront dans ses recherches inédites et ses découvertes surprenantes sur la musique, la bande dessinée, le cinéma, la télévision, la danse et d’autres disciplines artistiques.

Nous avons eu la chance de discuter avec Chantal Lamarre pour en savoir un peu plus sur cette nouveauté qui sera prochainement diffusée sur les ondes d’ICI ARTV.

Voici le compte rendu de cet entretien.

 

Peux-tu nous expliquer le concept de Culturama?

Pour l’instant, comme on n’a pas encore tourné d’émission, ça reste un concept, un vœu, une idée, une vision. Si je t’en reparle après six enregistrements, ce sera plus clair, mais on avait envie de proposer un objet télévisuel qui aborde la culture de façon différente. C’est parti du souhait de faire une table ronde éclectique avec des personnes sympathiques qui ne sont pas des spécialistes de l’art niché nécessairement, mais qui ont toutes un lien très fort avec une discipline artistique. Il aurait pu y en avoir plusieurs autres, parce que je me suis rendu compte que l’envie de jaser de culture, ça animait beaucoup de gens. On a choisi d’avoir ces discussions avec une équipe de collaborateurs et collaboratrices qui changent de semaine en semaine, ce qui peut représenter un défi supplémentaire parce qu’ils n’ont pas le temps de s’habituer à leur place. Discuter devant une caméra et dans la vie, c’est deux affaires. Ça fait 22 ans que je jase avec Jean-René à Infoman, alors on ne se pile pas souvent sur les pieds, parce qu’on a développé une certaine chimie. 

Je n’avais pas envie d’une émission ancrée sur l’activité culturelle, mais plutôt de titiller la libido du savoir à propos de la culture d’une façon très vaste.

Je souhaitais que l’émission ait un certain ton, aussi. On a rallié ces deux affaires-là en amorçant la discussion à partir d’un thème très large; la marguerite, par exemple. On se posait tout un tas de questions, ensuite, en y allant organiquement : existe-t-il un sculpteur italien qui a consacré sa vie à ne produire que des marguerites? Y a-t-il un art hippie à ce sujet? Y a-t-il une chanson dont le sujet est la marguerite? Des fois, le lien est direct, et d’autres fois, il l’est moins.

Ensuite, ce que je souhaitais, c’est de parler de culture, parce que ça me porte, ça me nourrit; c’est mon oxygène. Pour moi, ça a retardé la fin du monde qu’il y ait de la beauté, que ce soit en musique, au théâtre, dans un musée ou dans la cour avant d’une madame qui tricote des petites fleurs pour les y disposer. Je suis quelqu’un qui s’emballe très vite, qui est hyper réactive à l’art, à la culture. 

Olivier Morin – le producteur de contenu de l’émission – et moi, on est de la même famille et on s’est formé une petite gang. On ne veut pas parler de culture de façon élitiste, entre gens qui avons consommé de la culture plus que tout le monde, dans un petit salon privé; surtout pas! On veut donner l’envie au public d’en connaître plus et plus que ça; que les gens, après avoir regardé l’émission, soient capables de dire : « Ça, là, ça ne me touche pas pantoute. J’aime mieux une taloche en arrière de la tête qu’une toile de ce gars-là. » (rires) 

On est tous un peu complexés devant l’art tellement c’est placé sur un piédestal à l’occasion, alors on se tait, parce qu’on pourrait être taxé d’être inculte. Et c’est ce qu’on veut défaire. C’est pour ça qu’on a un « G7 », qui est un groupe en virtuel formé par des gens du public séparés en sept unités de tous horizons avec des penchants très forts pour la culture, ou moins, ou pas. Ces personnes sont d’âges différents et consomment plus ou moins de culture, mais elles ont leur mot à dire, et il est important. Je ne veux pas que ce soit le G7 qui soit le vox populi, la parole sage. Ça peut venir d’un collaborateur autour de la table que ce film-là l’a irrité et que juste à entendre la musique thème, ça lui pique encore, alors que quelqu’un du G7 a vraiment apprécié la proposition dont il est question. Ce dont j’ai envie, c’est qu’on ait la liberté d’aller où on veut. On a tous un proche avec lequel on aime s’obstiner et qui, au fil de la discussion, va peut-être réussir à nous faire changer notre point de vue, notre regard sur quelque chose. C’est tout ça ensemble qui va faire ce qu’on appelle « notre Traboulidon ». 

Ça s’appelle « Culturama » parce qu’on pensait au cyclorama et qu’on souhaitait faire le tour des sujets. Expliquer des affaires.

Souvent, la discussion s’amorce à partir de quelque chose qu’on connaît ou qu’on croit connaître, puis on va apprendre un petit supplément vitaminé sur le sujet qui va le rendre encore plus intéressant ou repoussant, c’est selon. (rires) C’est vraiment l’idée d’une belle conversation, d’une démonstration de culture. Je veux qu’on s’emporte, qu’on n’ait pas le choix de s’exprimer haut et fort parce qu’on est surenjoué ou dérangé par une œuvre. Mon souhait est qu’on se rende dans toutes sortes de zones, de la plus nichée à la plus populaire, en apprenant, en comprenant des artistes, des mouvements. 

On aimerait que les gens aient la même joie en nous regardant que lorsqu’ils observent des commentateurs de sport, à chaud, après un match. On veut vraiment proposer du contenu qui va parler au monde, que les gens conversent avec nous, même si, à un moment donné, on aborde un sujet qu’ils ne connaissent pas et qu’ils se rendent compte que c’est parce que ça ne les intéresse pas, au fond.

 

Pourquoi c’était important pour vous d’impliquer les gens directement?

C’est très important, parce que justement, on voulait avoir l’avis à chaud de gens qui ne sont pas spécialistes. On ne peut pas faire autrement que d’observer quand on entre dans une galerie d’art, par exemple : au moment où tu es en train de penser qu’une œuvre t’agresse parce qu’elle est trop colorée, tu entends quelqu’un se pâme, juste à côté. C’est exactement ça que je voudrais créer; vraiment ouvrir et dire : « Je pense que monsieur et madame Brisebois, de Lacolle, ont exprimé exactement ce que je pense à propos de ça. » 

À ICI ARTV, il y a une émission qui fait école et à laquelle j’ai participé un peu; c’est l’excellente C’est juste de la TV (CJDLTV). Tu peux écouter CJDLTV et entendre tout à coup l’avis d’un chroniqueur qui est resté frette et de marbre devant quelque chose que toi, tu as beaucoup aimé. Bien, c’est parfait, parce que tu converses avec lui; tu ne te fermes pas en entendant ça. Voilà ce qu’on trouve important : démocratiser les choses à ce niveau-là.

 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour le début de ce nouveau projet?

Que ce soit à la hauteur du rêve, parce qu’il faut le penser, le rêver, l’imaginer et que, à un moment donné, on met des pièces, on en enlève. On a fait notre maquette et on la trouve belle. (rires) On a envie que notre cabanon ressemble à la maquette et que les gens le trouvent beau; il est logeable, il est esthétique, ils en voudraient un comme ça dans leur cour. (rires) Partir une émission, c’est une grosse affaire... On est toujours plus à l’aise dans un train en marche : on travaille très fort, mais les traces sont faites; on a le recul pour ajuster l’émission plus facilement. Quand on commence quelque chose, on est à tâtons. J’ai commencé ce projet-là en disant : on peut-tu essayer de faire autre chose que ce que j’ai fait? J’ai participé à beaucoup d’émissions, dont quelques-unes qui traitaient de culture aussi. J’ai ce bagage-là avec moi. 

Avec l’équipe, on voulait être à un endroit où, tout à coup, on est dans le moniteur au lieu d’emprunter le chemin habituel en télé de « regarder des images ». On voulait être dans l’image, alors on a une salle qui est technologique prévue à cet effet; en espérant que ce soit télégénique et que ce soit le fun à regarder. On va être dans le moniteur avec des zones pour se reposer un peu. On essaie des trucs et on est très enthousiastes; c’est ce que je veux communiquer. 

C’est dur, les émissions culturelles... Tout se trouve, maintenant; tout se dit très rapidement sur « les Internets ». Il faut se casser les nénettes. (rires) Les formules qu’on a toujours connues, ça rejoint pas vite et ça n’atteint pas un public très large. Il faut laisser une voix, un canal, un espace pour parler d’art, dont à la télévision.

 

Chantal Lamarre, merci beaucoup!


Ne manquez pas la première émission de Culturama vendredi 14 janvier à 20 h sur ICI ARTV.