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Les œuvres utiles de Guylaine Tremblay et David Goudreault

Les œuvres utiles de Guylaine Tremblay et David Goudreault

Thomas Dallaire-Boudreault

14 février 2020

L'art comme réparateur de vie? La journaliste culturelle Émilie Perreault nous prouve une fois de plus l'utilité du rôle des artistes dans notre société avec la deuxième saison de Faire oeuvre utile. Encore une fois cette année, vous plongerez dans l'histoire de huit personnes qui ont vu leur vie transformée grâce à l'oeuvre d'une ou d'un artiste. ICI ARTV vous propose de refaire l'exercice avec les invités de l'émission. Cette semaine, la comédienne Guylaine Tremblay et l'auteur David Goudreault nous partagent leurs « oeuvres utiles ». 


Ne ratez pas la deuxième saison de Faire oeuvre utile le vendredi à 20h et en rediffusion le dimanche 18h, lundi 23h30, mercredi 10h et jeudi 11h sur ICI ARTV. 


 

guylaine tremblay

 

Quelles sont les oeuvres qui vous ont été utiles dans votre vie?
 

« C’est très facile pour moi de répondre à cette question. C’est sûr que pour moi l’artiste qui m’a le plus marquée, qui a le plus changé ma vie, c’est Michel Tremblay. Le souvenir le plus lointain que j’ai, c’était un télé-théâtre aux Beaux dimanches : L’effet des rayons gamma sur les vieux garçons, une adaptation que Michel Tremblay avait faite d’une pièce de Paul Zindel en 1970. Je me souviens très bien du comédien Claude Guay qui incarnait le personnage de Marcel. Quand le personnage portait ses lunettes de soleil, il était certain que personne ne le voyait.
 

 

Quand j’ai vu ce télé-théâtre, je devais avoir huit ou neuf ans. Ça a été mon premier contact avec le théâtre. Je me suis dit « Wow, c’est des gens qui parlent comme nous, qui habitent des maisons qui nous ressemblent… » C’était la première fois que je m’identifiais automatiquement et sans filtre à quelque chose. Tout à tout, ça me ressemblait, ça ressemblait à ma famille, à mes voisins ou à ceux que je connaissais.

 

Par la suite, je me suis mise à lire ses romans et ses pièces de théâtre et ça a été comme si il y avait devant de moi un pan de mur de brique qui s’écroulait et que j’avais tout à coup accès à la culture, à la littérature, au théâtre. Michel a été un très grand déclencheur pour moi. »

 

 

Que retenez-vous de Rosanna et de votre participation à Faire œuvre utile?
 

« C’est une des choses les plus bouleversantes qui me soient arrivées!  Parfois dans ce métier, on a l’impression d’avoir un petit sentiment de futilité. On se demande à quoi on sert. On n’est quand même pas des médecins ou des chirurgiens! (rires) Mais après ça je me suis dit : « Les jours où je me sens comme ça, pense à cette femme-là. Pense au fait que mon personnage a pu changer sa vie en l’aidant à pleurer sa mère et en faire quelque chose de plus lumineux et positif. »

 

Ça m’a vraiment beaucoup touchée d’autant plus que c’est à cause de mon métier qu’elle est arrivée à notre culture et à parler notre langue. Partir de si loin, de n’avoir aucune idée de ce qu’est notre culture et notre langue et au travers un personnage que j’ai eu la chance de jouer accéder à tout ça, c’est quand même extraordinaire. »

 

 

David Goudreault

 

Quelles sont les oeuvres qui vous ont été utiles dans votre vie?
 

« J’irais d’un point de vue très show-business québécois versus littérature française.  Au niveau de la vie artistique québécoise, je dirais qu’il y a vraiment des personnes qui  ont su m’encourager et m’accompagner au bon moment. Je pense particulièrement à Kim Thúy, Richard Séguin et Francine Ruel qui sont pour moi trois phares qui réussissent à rejoindre les gens en ayant une carrière à la hauteur de leur humanitude.  Donc pour moi, il y a quelque chose de bien inspirant là-dedans et à la fois de bien rassurant de me dire que ce sont des gens que j’estime et qui ont un regard lumineux sur mon propre travail.  C’est vraiment quelque chose qui me pousse vers l’avant.

 

Du point de vue plus littéraire, je dirais que c’est tous les auteurs  et toutes les autrices qui se sont permis de grandes folies et qui ont refusé l’espèce de carcan de leur époque.  Je pense entre autres à Romain Gary, George Perec ou plus près de nous Michel Folco qui est un auteur qui m’inspire beaucoup qui s’est créé un univers hyper riche et très drôle aussi. Je pense que l’humour en littérature a sa place et quand un auteur de génie se le permet, ça m’encourage à suivre la piste. »

 

 

Que retenez-vous de de votre amitié avec le jeune Elyjah et de votre participation à Faire œuvre utile?
 

« Dans une véritable relation, on sort des rôles traditionnels de aidant / aidé. Étant travailleur social, accompagner quelqu’un et aller le plus loin avec lui, je l’ai fait de façon professionnelle. Mais là, je n’étais vraiment pas dans mon rôle de travailleur social avec Elyjah.  Il y a une réelle amitié qui s’est forgée avec les années.


Moi, quand je l’ai connu, c’était un enfant qui faisait face à deux leucémies très agressives et qui avait des chances de survie toutes relatives et puis c’est en train de devenir un bel ado brillant qui s’intéresse à l’écriture et qui veut continuer à faire de la poésie, du slam et qui veut se lancer dans le rap.  Il y a vraiment une relation qui va dans les deux sens.  On est vraiment dans une relation où lui m’apporte beaucoup et où son parcours m’inspire et où ses intérêts et ses goûts m’influencent.  Et avec l’émission Faire œuvre utile, je trouvais génial de pouvoir le mettre en lumière. Pour moi, c’était que du bonheur de pouvoir braquer la caméra sur lui. »