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Êtes-vous un fervent admirateur du 7e art? Si c'est le cas, vous partagerez peut-être nos coups de coeur cinématographiques de 2014. Sinon, on vous suggère de profiter du temps froid de décembre pour rester chez vous à regarder les films sensibles et intelligents qui se sont faits cette année. Et s'ils sont encore en salle, courez-y! Quoi de mieux que de vivre l'expérience totale sur grand écran?

Ces choix sont ceux des blogueurs d'ICI ARTV. Nous n'avons pas la prétention de vous présenter les «meilleurs» films de l'année. Ce sont simplement ceux qui nous ont personnellement marqués. Bien d'autres films auraient pu se retrouver sur cette liste. Ainsi, n'hésitez pas à partager avec nous les films qui ont fait partie de vos coups de coeur! Pour en savoir plus sur la démarche entourant le choix de nos coups de coeur culturels, on vous l'explique ici.

Mommy de Xavier Dolan (Québec)
(choisi à l'unanimité)

Incontournable de l'année, Mommy s'est tout de suite imposé comme un classique du cinéma québécois. D'une grande intensité, on reçoit ce récit comme une vague et on sort de la salle de cinéma changé. L'intensité est mieux dosée et les conflits mère-fils sont plus assumés par rapport aux précédents films de  Dolan. D'ailleurs, la réalisation de ce dernier est forte. C'était un pari audacieux d'utiliser le ratio 1:1 , mais ça fonctionne très bien et le film compte plusieurs plans magnifiques. Les performances d'Anne Dorval et de Suzanne Clément sont à couper le souffle, mais celle d'Antoine-Olivier Pilon nous a scié en deux. On a beaucoup parlé des acteurs de ce film, avec raison : leur jeu est si criant de vérité que c'est impossible de ne pas être renversé. En somme, l'équipe du blogue d'ICI ARTV était unanime :  Mommy est un film sur le 220! Trop d'émotions, mais quand le contexte s'y prête si bien, on les absorbe volontiers!

Tu dors Nicole de Stéphane Lafleur (Québec)
(choisi à l'unanimité)

Stéphane Lafleur a créé un film poétique et lumineux. Un beau portrait de cette tranche d’âge mal définie entre la fin de l'adolescence et le début de l'âge adulte, qui vient avec son lot de mauvais choix. Un clin d'oeil à l'absurdité de cette période à travers laquelle tout le monde est passé. Parlant d'absurdité, le personnage étrange du garçon à la voix d'homme incarne parfaitement le ton un peu décalé et empreint d'humour pince-sans-rire qui se dégage de l'ensemble du film. Les ressorts comiques surprennent et les éclats de rire sont fréquents. Mais dans la superbe réalisation de Lafleur, on sent aussi la lourdeur, la lenteur, la chaleur et l'ennui qui meublent cet été de banlieue. Grâce à Tu dors Nicole, on se réconcilie avec les moments moins glorieux de notre vingtaine. À voir!

Tom à la ferme de Xavier Dolan (Québec)

L'année qui se termine a été chargée pour Xavier Dolan. Au mois de mars, Tom à la ferme est sorti sur les écrans québécois. Pour la première fois, le réalisateur s'attaquait à l'histoire d'un autre, en l’occurrence la pièce de théâtre du même nom écrite par Michel-Marc Bouchard. La réalisation du film est très maîtrisée. Dolan s'est approprié l'histoire et l'a servie à sa sauce, par exemple en utilisant à fond  les codes du thriller. Coup de chapeau à la scène où les deux personnages principaux dansent ensemble dans la grange. Les amateurs de suspense hitchcockien y trouveront certainement leur compte.

1987 de Ricardo Trogi (Québec)

1987 a été le film de l'été au Québec. Drôle, bon, du fun à l'état pur! On est content d'y retrouver les personnages du film 1981 auxquels on s’était attaché. Même ceux qui n’ont pas vécu leur adolescence en 1987 ou n'ont carrément pas connu la fin des années 80 trouveront des similitudes avec leur adolescence. On aime le fait que Ricardo Trogi nous propose des comédies intelligentes, prouvant du même coup que ce ne sont pas seulement les gros «blockbusters» qui peuvent nous attirer en salle. On a aussi apprécié que l'histoire se déroule à Québec, ça change des images de la métropole. Bref, 1987 est un film qui fait du bien et rassemble les générations!

Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (États-Unis)
À l'unanimité

On voudrait que Wes Anderson nous offre un film par année parce qu'on aime trop son univers. L'esthétique de ses films est complètement folle et il a un grand souci des détails. Que ce soit dans les costumes, les décors, les accessoires, et même dans les petites pancartes sur les murs de l'hôtel, la symétrie de l'image qui rappelle la BD, tout a été réfléchi. Et que dire de l'incroyable distribution? Le personnage de Monsieur Gustave, interprété par Ralph Fiennes, est tout simplement grandiose! On aurait adoré que le personnage de Tilda Swinton reste un peu plus longtemps. Pendant le temps des Fêtes, pourquoi ne pas se faire une rétrospective des films de Wes Anderson... en commençant par la fin?

Boyhood de Richard Linklater (États-Unis)

Tourner un film sur une période de 12 ans, c'est une idée un peu hallucinante, non? Le réalisateur Richard Linklater l'a pourtant fait. En 2014, on a pu voir l'aboutissement de ce projet de longue haleine et le résultat est extrêmement touchant.  La démarche en soi impressionne, tout comme les acteurs, qui ont accepté de tourner un segment du film chaque année. Les enfants qui tiennent les rôles principaux et que l'on voit donc grandir à l'écran sont excellents. On se demande  si le scénario a changé au fil des ans puisque les acteurs ont tellement évolué durant la production. Au final, Boyhood est un film fluide, organique, qui a donné l'impression à certains de voir défiler des pans de leur propre vie à l'écran.

Interstellar de Christopher Nolan (États-Unis)

Pas besoin d'être fan de science-fiction pour se laisser porter par Interstellar. Dans son dernier film, Christopher Nolan explore des théories scientifiques et l'instinct de survie, mais aussi les thèmes de l'amour et de la famille. Il nous entraîne dans une épopée à la fois essoufflante et émouvante, dont les scènes d'action nous tiennent en haleine, en grande partie grâce à la musique de Hans Zimmer.  Le talent fou de Matthew McConaughey suffit à nous  faire gober les passages un peu trop improbables. Bref, ceux qui ont été déçus du film Gravity se réconcilieront sans doute avec la science-fiction grâce à Interstellar. 

Birdman de Alejandro Gonzales Iñárritu (États-Unis)

Birdman (or the Unexpected Virtue of Ignorance) en a surpris plusieurs cette année. La réalisation de Alejandro González Iñárritu est incroyable (ce qui n'est pas surprenant, en soi), avec entre autres des plans-séquences interminables très réussis. Le travail sur le son est aussi très intéressant ; il nous englobe totalement, et le spectateur peut faire un schéma du lieu simplement à l'oreille. En plus des prouesses techniques, le film nous a séduits par la thématique qu'il aborde, soit l'univers du théâtre . Le cinéaste montre le contraste éclatant entre le côté glamour de Broadway et les coulisses, beaucoup moins fréquentables. Au final, on a aimé la fantaisie, le côté schizophrénique et le drame psychologique. Étrangement le synopsis rappelle un film qui a aussi fait le tour des festivals cette année, The Humbling, dans lequel Al Pacino joue un acteur déchu aux prises avec des problèmes psychologiques qui remonte sur les planches de théâtre.

Only Lovers Left Alive de Jim Jarmusch (Grande-Bretagne / Allemagne)

Ce long-métrage à l'ambiance à la fois glauque et planante met en scène des vampires intelligents, les êtres les plus cultivés qui soient, genre de «dandys» des temps modernes. Malgré leur charme, ils sont un peu perdus dans leur éternité, se posant en observateurs de la société plutôt que d'y participer. Tom Hiddleston et Tilda Swinton y incarnent deux amants qui vivent sur des continents éloignés et s'aiment malgré leurs différences. L'action se déroule à Détroit, une ville qui symbolise tristement la société d'aujourd'hui. Le message qu'on discerne en filigrane est que les humains sont les seuls à blâmer pour leurs malheurs. Plus subtilement encore, le film porte des valeurs environnementalistes. On a adoré les références culturelles, historiques et artistiques qui parsèment le récit. D'un point de vue plus technique, la trame sonore et la direction artistique, qui entremêle le contemporain et l'antique, sont remarquables. .

Ida de Pawel Pawlikowski (Pologne)

Surprise totale, ce film, qui se déroule dans la Pologne des années 60, raconte l'histoire d'une jeune femme juive élevée dans un couvent catholique. Avant de prononcer ses voeux et d'entrer définitivement au couvent, Ida part à la rencontre de la seule famille qui lui reste, sa tante. Cette dernière mène une vie libre, à l'opposé de celle de la jeune novice. Lors de ces retrouvailles, Ida va retracer des secrets familiaux remontant à la Deuxième Guerre mondiale. Ce film du cinéaste polonais a un aspect très photographique. Les images en noir et blanc sont magnifiques. La musique sobre soutient bien l'évolution de l'histoire. Fait intéressant: Ida est souvent en nomination dans la même catégorie que Mommy, de Xavier Dolan, pour plusieurs galas et festivals à venir. Peut-être pourrons-nous voir ces deux longs-métrages dans la catégorie du «meilleur film en langue étrangère» lors de la prochaine cérémonie des Oscars?

 

Et vous, quelles sorties en salle vous ont fait vibrer en 2014 ?