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Les Fous de cinéma répondent à nos questions

Philippe Côté-Giguère

14 février 2020

La série de capsules web Fous de cinéma se penche, vous l’aurez deviné, sur l’univers vaste et fascinant du septième art grâce à des discussions tantôt très sérieuses, tantôt pas du tout, avec des artistes de grande passion.

 

En voici la bande-annonce :

 

 

Afin d’en apprendre plus sur l’amour du cinéma qui habite l’animatrice Helen Faradji et ses deux complices Philippe-Audrey Larrue Saint-Jacques et Vincent Léonard, on leur a posé quelques questions.

 

Voici ce que ça donne!

 

Si vous aviez joué au cinéma, quel rôle auriez-vous aimé interpréter?

 

Helen : Il y en a tellement! Ellen Ripley, Lula, dans Wild at Heart, Scarlett O’Hara. Mais surtout, R2-D2!

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Philippe-Audrey : Je pars toujours du principe que les rôles qui m’attirent le plus seraient assurément ceux que je serais incapable de jouer. Ainsi, je rêverais de jouer le rôle d’Antoine Doisnel chez Truffaut, ou Malik dans Un Prophète, de Jacques Audiard… Je serais pourri, on est d’accord. Sinon, je rêverais d’avoir le talent de Marc Messier et de faire ses deux monologues incroyables dans Les Boys. On est loin du répertoire, mais ce sont deux performances comiques remarquables par un acteur qui l’est tout autant. 

 

Vincent : N'importe quel rôle de Christopher Lloyd!

 

C’est quoi, le cinéma québécois?

 

Helen : C’est, je crois, un cinéma qui n’est jamais aussi brillant que quand il n’essaie pas d’imiter, qu’il assume sa débrouillardise et son inventivité. Je pense à Robert Morin, par exemple.

 

Philippe-Audrey : Un rapport conflictuel… Rares sont les films qui obtiennent un succès critique ET populaire. C’est souvent l’un ou l’autre. Il fut un temps, pas si lointain, où on allait voir du cinéma québécois par intérêt. Aujourd’hui, on dirait qu’on est malheureusement revenu à l’époque où on y va pour se donner bonne conscience. C’est triste. Des œuvres remarquables se créent ici. Évidemment, on ne pourra jamais rivaliser avec les films de Marvel. Mais si on prend notre cinéma tel qu’il est, c’est-à-dire un cinéma d’auteur, on fait très bonne figure face à la compétition internationale. 

 

Vincent : C'est beau, bon, souvent génial, mais pas assez vu.

 

Quelles sont les qualités de vos réalisatrices et réalisateurs préférés?

 

Helen : L’imagination, le panache et la générosité. En gros, ceux et celles qui se souviennent qu’un film, c’est aussi un acte de communication et qu’il y a des gens assis dans une salle pour les regarder.

 

Philippe-Audrey : Je dirais trois choses surtout : un style unique, la qualité de direction des acteurs [et actrices] et un souci pour la trame narrative. En bref, la faculté de se réinventer.

 

Vincent : L'originalité (Wes Anderson, Robert Morin) et la tendresse (John Hughes, André Melançon).

 

Quels seraient les pouvoirs de Capitaine Québec, le superhéros ou la superhéroïne de la Belle Province? Et qui pourrait jouer ce rôle?

 

Helen : Capitaine Québec aurait le superpouvoir d’ouvrir et de faire fonctionner financièrement des salles de cinéma partout dans la province, de donner confiance aux Québécois et Québécoises, de transformer les opinions haineuses et extrémistes en braiment d’âne et de transformer le mois de mars en vrai mois de printemps. Et c'est un rôle que je donnerais à Laurent Duvernay-Tardif!

Laurent Duvernay-Tardif ferait un excellent Capitaine Québec, selon Helen Faradji.
Crédits photo : Getty Images

 

Philippe-Audrey : Peu importe ses pouvoirs, c’est sûr que Joey Scarpellino porterait le masque et les collants. Il est le seul à avoir des abdos dignes de ce nom. Quant aux pouvoirs… Comme notre devise est « Je me souviens », j’aimerais qu’il ait la faculté de ressortir de vieilles archives musicales, télévisuelles et cinématographiques gênantes pour anéantir les ennemis.

 

Vincent : C'est une femme, colosse, semi-robot joueuse de hockey qui lance des fleurs de lys en laser, mais dans son quotidien, c'est un gros gars geek qui travaille chez Ubisoft.

 

Quel est le meilleur film que vous avez vu qui n’a pas remporté d’Oscar?

 

Helen : Tous les films que j’aime (ou presque) n’ont pas gagné d’Oscar! Alors, la liste serait longue! Mais disons que Citizen Kane, Pulp Fiction ou Casino ne l’ont pas gagné!

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Philippe-Audrey : Il y en a tellement! Entre Citizen Kane et The Big Lebowski, sans oublier The Graduate ou To Kill a Mockingbird. Comment ne pas mentionner The Big Heat,Raging Bull, Goodfellas, Taxi Driver ou There Will Be Blood? En fait, pour être tout à fait honnête, l’une des premières fois où j’ai été d’accord avec l’Oscar du meilleur film, c’était lors du triomphe de Moonlight.

 

Vincent : Les bons débarras, de Francis Mankiewicz.

 

Quel personnage de film de notoriété aurait dû être joué par une femme?

 

Helen : Pas sûre que ce soit nécessaire. Mais je crois que des personnages de femmes plus grandes, plus fortes et plus complexes doivent être inventés en nombre! Je veux dire, je ne serais pas forcément contente qu’une femme joue Indiana Jones, mais je serais très heureuse qu’on invente un personnage d’archéologue exploratrice charismatique (pas Dora, là…).

 

Philippe-Audrey : Forrest Gump aurait été intéressant s’il avait été joué par une femme. Cela aurait été une histoire complètement différente, mais absolument intéressante. Ne sous-estimons pas Blade qui, interprété par une femme, aurait été merveilleux.

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Vincent : Maurice Richard dans Maurice Richard, de Charles Binamé, et joué par Sarah-Jeanne Labrosse!

 

Quel est votre film pour enfants fétiche?

 

Helen : J’en aime plusieurs, mais disons que ma fille et moi, on a usé les DVD d’Histoire de jouets à la corde.

 

Philippe-Audrey : Assurément, les quatre films Histoire de jouets. Je les ai tous vus au cinéma. Je les ai tous achetés. J’ai pleuré chaque fois.

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Vincent : La guerre des tuques.

 

Quel est le plus fort personnage issu de la diversité dans un film, selon vous?

 

Helen : J’en citerais deux : celui joué par Karina Aktouf dans Montréal la blanche et celui joué par Mahershala Ali dans Moonlight.

 

Philippe-Audrey : La réponse facile serait Black Panther, et c’est vrai… Mais, j’ai adoré le rôle de Dheepan, dans le film de Jacques Audiard. Un ancien combattant sri lankais qui fuit la guerre avec une femme et une fille qui lui sont inconnues. En s’échappant de la violence de son pays, il se retrouve catapulté dans celle des banlieues parisiennes… Comment fera-t-il pour protéger les siens et s’en sortir?

 

Vincent : Apollo Creed et Lando Calrissian, parce que, pour les jeunes de ma génération, ça a été deux personnages marquants et accessibles (très pop!). On pouvait même les avoir en figurines!

 

Quel genre de film préférez-vous voir au cinéma? À la maison?

 

Helen : Au cinéma, je veux voir des films romanesques, épiques, ambitieux, grands dans leurs idées et leurs idéaux (et ça peut se passer dans une cuisine!). À la maison, des films de peur (je suis trop trouillarde pour les regarder au cinéma) ou n’importe quel film où la mise en scène est plus fonctionnelle qu’autre chose (malheureusement, donc, souvent des comédies).

 

Philippe-Audrey : En fait, je préfère toujours voir les films au cinéma. Il existe une sorte de décorum au cinéma qui n’existe pas à la maison. Sans oublier que la qualité de l’image et du son est toujours meilleure. Bref, n’importe quel film mérite d’être vu en salle (et doit l’être). Idéalement, j’aurais ma salle de projection privée, mais je n’ai pas encore le budget.

 

Vincent : Cinéma : les grosses prods comme Pixar, Marvel, DC... À la maison : plus intime, moins d'action. J'aime aussi y revoir les films qui m'ont marqué.

 

Quel personnage de méchant ou de méchante vous a fait allumer les lumières de votre salon tellement vous aviez peur?

 

Helen : Je me souviens très bien, petite fille, d’avoir profité de l’absence de mes parents pour regarder Les dents de la mer. J’étais tellement terrorisée qu’ils m’avaient retrouvée cachée sous la table de la cuisine. Ça fait que, même s’il n’est pas un « personnage », Bruce le requin.

 

Philippe-Audrey : Il y en a deux! D’abord, la petite fille aux cheveux longs dans Le cercle. J’ai sorti la télévision de ma chambre pour une semaine après avoir été terrorisé par ce film. Sinon, même s’il n’est pas méchant (bien au contraire), Edouard aux mains d’argent me terrorisait quand j’étais enfant. Je ne sais pas pourquoi je conjugue à l’imparfait… Je ne suis toujours pas très à l’aise devant les photos de Johnny Depp en latex.

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Vincent : Les « personnages » de kidnappeurs d'enfants dans certains « faits vécus » que ma mère écoutait, et le père barbu dans Amytiville : la maison du diable!

 

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à nos questions!

 

Pour voir ou revoir la série Fous de cinéma, c’est par ICI!