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François Dompierre ouvre sa porte et on ne veut plus partir

François Dompierre ouvre sa porte et on ne veut plus partir

Philippe Côté-Giguère

29 novembre 2019

Avoir accès aux souvenirs, aux réflexions et aux états d’âme de génies de la musique, c’est un privilège incommensurable pour qui est mélomane. C’est ce que nous offre Allegro Ma Non Troppo, un documentaire intimiste portant sur la vie du célèbre compositeur québécois François Dompierre, qui sera rediffusé le dimanche 8 décembre à 9 h sur les ondes d’ICI ARTV.

 

En prévision de cette diffusion, j’ai eu la chance d’assister à une projection privée du long métrage chez Radio-Canada. Vincent Mercier, le co-réalisateur, ainsi que Fred Dompierre, l’autre co-réalisateur, le fils et l’interlocuteur de François Dompierre dans le documentaire, m’ont aussi offert quelques minutes de leur temps pour répondre à mes questions sur leur démarche artistique et sur la recette du spaghetti aux fruits de mer du virtuose.

 

Bienvenue chez François Dompierre.

 

Une carrière grandiose

 

D’abord, pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas ou peu le compositeur et sujet d’Allegro Ma Non Troppo, il faut savoir qu’il a marqué le milieu artistique de la Belle Province, notamment parce qu’il était prolifique. Il a entre autres composé de la musique de concert (Les diableries, Quelques jeux interdits), de films (Le déclin de l’empire américain, Le matou, Jésus de Montréal), de comédies musicales (Demain matin, Montréal m’attend), de chansons (L’âme à la tendresse) et même de pubs, en plus de collaborer avec des icônes de la chanson d’ici, telles que Félix Leclerc, Michel Rivard, Marie-Michèle Desrosiers et Luc Plamondon.

Le virtuose a fait tout ça en plus de s’adonner aux plaisirs de la cuisine – il a publié deux livres sur la gastronomie – et d’avoir été à la barre de l’émission Les Détours de Dompierre à ICI Musique durant douze ans.

 

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas chômé.

 

Des rencontres intimistes

 

Si le documentaire aborde les grands moments de l’illustre carrière de François Dompierre, il le fait avec une perspective des plus privilégiées.

 

Tout au long du film, le compositeur s’ouvre et parle candidement de sa vie à son fils Fred, qui avait longtemps eu l’idée de réaliser un long métrage sur son père avant que le projet ne se concrétise. C’est d’ailleurs cette relation entre père et fils ainsi qu’une équipe de production volontairement réduite qui nous permettent d’avoir accès à des moments aussi purs.

 

Des exemples? Alors qu’il élabore sur les débuts de sa carrière, assis sur un divan en compagnie de son fils, François Dompierre lance tout bonnement un « Oh, excusez-moi. Je dois aller voir mes rognons ». Sinon, on peut l’observer, assis à son piano, expliquer qu’il a composé la musique de L’âme à la tendresse, grand succès de Pauline Julien, en 30 minutes.

C’est donc au cours de ces discussions qu’on apprend à connaître François Dompierre… et qu’on tombe inévitablement sous son charme. Parce que derrière cet insaisissable artiste ayant le besoin viscéral de bouger pour créer, on découvre un homme taquin à l’esprit vif dont la liberté a de quoi faire envie.

 

Un projet séparé en mouvements

 

Fred Dompierre se rappelle avoir un bon soir eu le déclic, comme s’il avait été frappé par la foudre, qui lui permettrait de réaliser son film; il avait d’ailleurs déjà le titre et la structure du documentaire en tête. Quelques instants plus tard, il écrivait à son ami et réalisateur Vincent Mercier pour lui détailler son idée.

 

Fred ajoute que son père a accepté d’emblée de participer au projet puisque pour lui, c’était une bonne occasion de passer du temps de qualité avec son fils. Le compositeur a également totalement fait confiance aux deux compères; il n’a même pas posé une seule question sur le film lors du tournage.

 

D’ailleurs, ces moments captés à la caméra démontrent tout le plaisir qu’avait ce petit groupe de trois à se balader dans les parcs, à discuter de la vie ou encore à déguster le fameux spaghetti aux fruits de mer cuisiné par François Dompierre lui-même.

« Ce sont de très beaux souvenirs, c’était une bulle. C’était assez extraordinaire de pouvoir s’immerger pendant plusieurs jours dans cette expérience. On était libres de faire ce qu’on voulait. » - Vincent Mercier, co-réalisateur

 

Cette liberté et cet enivrement, on les retrouve justement en regardant le film. On entre chez François Dompierre et on ne veut plus partir.


Allegro Ma Non Troppo, en rediffusion ce dimanche 2 décembre à 9 h à ICI ARTV.