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Hélène Florent : enquêteuse dans Eaux turbulentes

Hélène Florent : enquêteuse dans Eaux turbulentes

Thomas Dallaire-Boudreault

10 décembre 2019

Hélène Florent est de retour dans une toute nouvelle série policière, Eaux turbulentes, diffusée en primeur sur ICI ARTV dès le 13 décembre prochain. Elle y incarne Marianne Desbiens, une enquêteuse transférée à Queensbury, un petit village fictif dans le nord de l’Ontario. La comédienne raconte son expérience de tournage loin de Montréal. Rencontre.

 

Qui est Marianne Desbiens, le personnage que vous incarnez dans Eaux turbulentes?  

Marianne est une enquêteuse de talent – je peux bien la vanter, ce n’est pas moi, ce n’est pas grave! (rires) – qui travaillait à Ottawa, mais qui, après une erreur professionnelle, est transférée à Queensbury, une ville fictive située aux alentours de Sudbury. Ça faisait 10 ans qu’elle n'y avait pas mis les pieds. Elle y retrouvera son passé, de vieilles blessures et de vieilles rencontres. Je la décrirais comme étant intuitive, sensible et ayant beaucoup d’instinct. Elle observe beaucoup et ne parle jamais pour ne rien dire. C’est une force tranquille. Elle est passionnée par son métier, elle s’investit énormément dans ses enquêtes, parfois trop. Elle cache quelque chose qu’on apprend au fur et à mesure que la série avance. Elle a un garçon de 15 ans, qui est loin d’être ravi de déménager aussi loin. À Queensbury, ce dernier retrouvera son père, un artiste autochtone avec qui il n’a pas eu de contacts depuis plusieurs années.

Dans la série Eaux turbulentes, l'enquêteuse Marianne Desbiens (Hélène Florent) doit résoudre le meurtre d'une autochtone qui bouleverse la communauté de Queensbury.

 

Comment vous êtes-vous préparée pour le rôle?

Souvent, on se rapporte au texte. J’ai beaucoup discuté avec Lyne Charlebois, la réalisatrice de la série, de ce qu’on avait envie de faire. J’ai également beaucoup discuté avec Marie-Thé Morin, l’autrice. Évidemment, on a eu de petites leçons de port d’arme! Ce n’est pas une grosse série lourde américaine, mais comme enquêteurs, nous portons bel et bien des armes! Par contre, je ne suis pas allée rencontrer des enquêteurs professionnels pour le rôle. Je suis vraiment partie de moi-même. Je trouve que la série est très réaliste : c’est une petite équipe en région qui fait ce qu’elle peut. Ce n’est pas un rythme effréné. Ce sont des humains crédibles que tu pourrais croiser dans la rue. Ce ne sont pas des superhéros. Ce sont des enquêteurs qui font de leur mieux. De me retrouver là-bas, dans un tout autre paysage, c’était super le fun. J’ai adoré qu’on nous mélange avec plein d’acteurs de l’Ontario, plein de Franco-Ontariens avec qui ne je n’avais jamais joué!

 La télé-série Eaux turbulentes met en vedette Charles Binder, Hélène Florent et Jean-Michel Le Gal.

 

Est-ce que le fait de tourner loin de chez soi est une expérience difficile?

Ce que je trouve le plus difficile quand on tourne à l’extérieur, c’est d’être loin de mon garçon. Je m’ennuie beaucoup! Par contre, quand tu es dans ce genre de situation, tu deviens très disponible, car tu ne reviens pas chez vous le soir. Tu n’as pas à penser aux petites choses du quotidien, comme l’épicerie ou les comptes à payer. Je trouve que ça crée un abandon, une implication qui est plus grande qu’à l’habitude. Il y a quelque chose de spécial qui se crée. Mais je dois avouer qu’il y avait de la bibitte! (Rires)

Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce scénario?

J’ai auditionné pour ce rôle en février 2018, avant même que l’équipe de production ait le financement. Ça me paraissait super loin à l’époque. Le tournage était prévu pour l’été 2019. Finalement, la production a eu le financement et la réalisatrice, Lyne Charlebois, s’est jointe à l’équipe. C’était ma troisième série avec elle, après Toute la vérité et Conséquences. Je n’avais jamais joué une enquêteuse et j’ai surtout eu envie de me lancer le défi d’y donner une couleur particulière, étant donné  qu’il y a tellement de fictions avec des enquêteurs ici! Je trouvais que la façon dont le personnage avait été écrit était très intéressante à jouer. En dessous de l’enquête, il y a tous les rapports du personnage qui sont tout aussi intéressants : avec son fils, avec son ex, avec ses partenaires, etc. C’est le côté humain du personnage qui m’a interpellée, ses nombreuses facettes. J’adore la prémisse de la série.

 

Trouvez-vous que la série reflète bien la réalité du nord de l’Ontario?

Je sais que l’autrice et la productrice ont créé cette série pour montrer ce qui se passe vraiment dans ce coin de pays. C’est un lieu où cohabitent francophones, anglophones et Autochtones. Ce sont tous des personnages issus de ces communautés dont les destins se croisent. C’est vraiment la réalité du nord de l’Ontario qui est représentée, un lieu assez retiré. Je trouve que l'autrice, Marie-Thé Morin, n’a pas appuyé son écriture dans le but d’identifier des bons ou des méchants. Il y a une enquête qui est là et elle suit son cours. Le personnage du fils de Marianne, Billy, interprété par Jacob Whiteduck-Lavoie, qui a un père autochtone et une mère blanche francophone, se questionne sur son identité. La série est beaucoup centrée sur son regard à lui.

 

L’autrice Marie-Thé Morin a un rôle dans la série.  Comment s’est déroulé le tournage avec elle?

C’était vraiment super! Elle était belle à voir. Quand elle a joué, c’était l’actrice qui était là et non l’autrice. Elle se faisait diriger, comme tous les autres comédiens.

 

Vous avez travaillé avec Andrée Lachapelle dans la série La galère.  Quels souvenirs gardez-vous d’elle?

Son décès m’a énormément touchée. J’avais un attachement très fort pour cette femme. C’est mon icône du Québec! Je la considère comme un modèle à qui je voudrais ressembler. Quelle chance qu’on avait de l’avoir avec nous pendant La galère!  C’était la cinquième fille du groupe, la cinquième copine. Elle rigolait avec nous, elle avait une énergie toute jeune et elle aimait vraiment notre compagnie. Elle représentait la sagesse autant dans l’émission que dans la vraie vie. Elle était un peu comme ma mère. Elle était généreuse, douce. C’est vraiment l’image que je garde d’elle. J’espère que je dégage au moins la moitié de ça! (rires). Je suis vraiment heureuse d’avoir pu la côtoyer et jouer avec elle. 

 

(À propos d'Andrée Lachapelle)
Une femme exceptionnelle, attachante, gentille avec tout le monde. Très inspirante. Le mot icône me vient en tête, mais je pense qu’on a le droit de l'utiliser pour elle. 
-Hélène Florent

 

Hélène Florent, Geneviève Rochette et Andrée Lachapelle sur le plateau de La galère

 

QUESTIONS EN VRAC:

 

Y a-t-il un rôle dans votre carrière qui a été particulièrement difficile à jouer?

C’est une très bonne question! Les gens pensent souvent, par exemple, que Macha dans Unité 9 était pour moi très difficile à jouer, alors que pas du tout. C’était émotivement épuisant, mais ce n’était pas difficile. C’était une série tellement bien écrite. Comme actrice, quand c’est loin de nous et qu’on peut aller dans des zones inconnues, être guidée par un réalisateur plein d’amour, avec une équipe accueillante, des coéquipiers incroyables, c’est très satisfaisant! C’est comme si je me suis glissée là-dedans et je m’y suis complètement laissée aller. Quand un rôle est bien écrit et qu’on est bien guidé, c’est très rare que ce soit difficile pour un acteur!

Hélène Florent incarne Macha Vallières dans Unité 9.  Photo: AETIOS Productions

 

Si vous pouviez reprendre une seule fois un de vos rôles à l’écran, lequel choisiriez-vous?

Ah mon dieu, c'est difficile! Je dirais Stéphanie dans La galère, évidemment. Elle a une place spéciale dans mon cœur. C’était ma première grosse série! Et ça a tellement marqué! Je rejouerais n’importe quand avec ces filles-là.

 

Quel rôle souhaiteriez-vous obtenir dans le futur?

Ce n’est pas tant un personnage, mais davantage un genre. J’aimerais jouer, par exemple, dans un film ou une série d’époque. Je n’en ai jamais fait encore. Ou encore quelque chose de fantastique. Ou pourquoi ne pas rallier les deux et faire un conte? Un film de Fred Pellerin! J’aime tellement ce qu’il fait. C’est tellement beau, touchant, drôle et les personnages sont plus grands que nature. Je me souhaite un rôle écrit par Fred Pellerin! 



Eaux turbulentes débute le vendredi 13 décembre prochain 19 H sur ICI ARTV.