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Le meilleur et le pire des remerciements de gala
Olivier Jean (La Presse)/Alain Décarie/MTV

Le meilleur et le pire des remerciements de gala

Mathieu Hudon

5 mai 2021

Ce billet vous est offert par l’équipe web de C’est juste de la TV.


 

Dans la série télé Schitt’s Creek (présentée sur CBC Gem et Netflix), à la question « Quelle est votre saison préférée? », le personnage de Moira Rose répond simplement « Awards » (les galas). Tout est dit. Vive la saison des galas!

Après les Oscars (25 avril) et à l’approche du Gala Artis (9 mai) ainsi que du Gala Québec Cinéma (6 juin), on vous propose un palmarès (sans ordre précis, donc sans rancune!) des meilleurs et des pires remerciements de gala, d’ici et d’ailleurs.

 

Magalie Lépine-Blondeau « pas préparée et un peu chaude » au gala Artis 2018

La soirée Artis de 2018 a été très marquante pour Magalie Lépine-Blondeau, alors appréciée du grand public pour son personnage de Nadine Legrand dans District 31. Après être montée pour aller chercher le prix dans la catégorie du rôle féminin / séries dramatiques annuelles, elle est retournée sur scène à la toute fin de la soirée, couronnée personnalité féminine de l’année par le public. 

L’actrice était plutôt surprise, les deux statuettes ayant été remises à Guylaine Tremblay de 2013 à 2017. Elle nous a offert un discours senti sur l’importance de la télévision et d’être soi-même. Par contre, ce qui lui fait mériter sa place dans ce palmarès est son incrédulité et sa grande franchise, elle qui a amorcé son discours en disant : « Il y a deux choses qui m’irritent quand je regarde un gala : quand un gagnant n’est pas préparé et quand il est un peu chaud. Là, je suis les deux! » 

 

C’est Céliiiiiine… qui change l’ADISQ

Au Gala de l’ADISQ en 1990, Céline Dion a créé tout un émoi en refusant le Félix de l’artiste anglophone de l’année, en plus d’offrir un des plus grands revirements possibles. La star de Charlemagne venait de lancer cette année-là Unison, un premier disque en anglais. 

C’est dans un discours franc, élégant et respectueux qu’elle a proposé de renommer la catégorie pour « artiste québécois s’étant le plus illustré sur le plan international ». Vingt-et-un ans plus tard, cette catégorie existe toujours sous l’appellation « Artiste québécois de l’année s’étant le plus illustré hors Québec » après la suggestion faite par Céline!

 

Véronique Cloutier redevient la personnalité féminine de l’année au gala Artis 2010

Huit ans se sont écoulés entre la réception du prix de la personnalité féminine de l’année au Gala Artis (connu sous le nom de Gala MetroStar à l’époque) par Véronique Cloutier (ex æquo avec Sophie Lorain en 2002) et son règne suivant, qui a duré jusqu’en 2013. Comme elle le dit si bien, « il s’est tellement passé de choses dans [sa] vie » entre-temps... 

Émue, un peu plus d’un an après le fameux Bye bye 2008, elle est venue récupérer ce prix après avoir mordu la poussière pour l’animatrice d’émissions de jeux (Paquet voleur) et pour l’animatrice d’émissions de variétés/divertissement (Les enfants de la télé). L’ensemble du message était touchant, de la remise par Janette Bertrand qui soutient que « le public a toujours raison » jusqu’aux salutations (quasi oubliées) à ses enfants, en passant par le clin d’œil plaintif sur sa robe fripée!

 

Mitsou et le « prix Linen Chest » au gala de l’ADISQ 1988

En 1988, c’était l’année de tous les succès pour la chanteuse Mitsou alors qu’elle était nommée pour trois prestigieux prix au Gala de l’ADISQ. C’est en remportant le Félix dans la catégorie de la découverte de l’année qu’elle a passée à l’histoire! 

Très énervée, la jeune femme de 18 ans a affirmé d’emblée qu’elle avait peur de ne pas gagner et qu’elle avait préparé quelques blagues, qu’elle ne dévoilera finalement jamais… Sauf une, qui n’a pas créé l’effet escompté : « Je suis contente d’avoir gagné le trophée Linen Chest… Des couvertes! », faisant alors référence aux magasins où l’on peut retrouver des couvertures. Quelques années plus tard, le prix a été renommé Révélation, mais le remerciement de Mitsou, lui, est encore d’actualité, puisque l’humoriste Mathieu Dufour a évoqué la possibilité de « faire un Mitsou » et devenir une « archive à vie » en remportant son Olivier, en 2021.

 

Alexandre Barrette brise la routine

Au Gala Artis 2019, Guy Jodoin a remporté pour la septième année consécutive le trophée de l’animateur d’émissions de jeux pour Le tricheur. Sauf que cette fois-là, c’est l’humoriste et animateur de Taxi payant, Alexandre Barrette, qui est venu récolter le prix à la place du lauréat, se justifiant par le fait qu’il est lui aussi nommé depuis des années et qu’il connaît maintenant le discours de Guy par cœur, à force de le voir gagner! Par la suite, nous avons appris que tout ce numéro avait été écrit et répété, à l’insu de toute l’équipe (et de Karine Vanasse, de toute évidence!).

 

Jean Leloup fait du Jean Leloup

Après une pause de cinq ans, Jean Leloup est revenu sur disque avec l’album À Paradis City, qui lui a valu plusieurs présences derrière le micro au Gala de l’ADISQ en 2015. En allant chercher le Félix de l’auteur/compositeur des mains de France Beaudoin et de Rebecca Makonnen, il nous a offert un remerciement difficilement explicable… Bref, Jean Leloup a offert du pur Jean Leloup, en étant dans sa tête et en oubliant même le nom de son coréalisateur. On salue Louis Legault, d’ailleurs!

 

The Weeknd va à l’essentiel

Aux MTV Video Music Awards d’août 2020, le chanteur canadien The Weeknd a probablement offert les plus courts remerciements de l’histoire. En acceptant le prix pour le vidéoclip de l’année, il a donné un discours de 11 secondes, top chrono. Dans ce court moment, il a choisi de mettre de l’avant la cause sociale du Black Lives Matter, après avoir remercié brièvement son équipe. Peu de mots, mais qui ont une grande résonance.

 

Sandrine Bisson et ses notes d'avant-bras

En 2010, c’est une Sandrine Bisson déstabilisée, énergique, mais drôlement attachante qui est venue récupérer son prix de la meilleure actrice de soutien pour son rôle dans le film 1981. Au lieu d’écrire des notes sur un papier ou son cellulaire, elle avait transcrit quelques informations sur son avant-bras! 

La grande force de ce remerciement, en plus de sa spontanéité, réside dans le témoignage de l’actrice aux Enfants de la télé, 10 ans plus tard. On y apprend que le lendemain du gala, Sandrine cognait à la porte d’une cliente pour lui faire son ménage, dévoilant l’important contraste qui existait alors entre ce grand moment télé et son quotidien.

 

Guy A. Lepage et le lancer du Félix

En novembre 2004, Guy A. Lepage animait pour une cinquième année consécutive le Gala de l’ADISQ, et force est de constater qu’on se souvient davantage du célèbre « lancer du Félix » que de son monologue d’ouverture. L’animateur, visiblement dérangé par l’absence de Richard Desjardins, s’est adressé à l’artiste, au micro, en lui disant qu’il allait prendre soin de son trophée de « la même manière » qu’il en prendrait soin lui-même, avant de le lancer dans les coulisses. Un geste fort et spontané qui a créé tout un émoi durant les jours suivants.

 

« Le gagnant est La la land! non, Moonlight! »

La 89e cérémonie des Oscars (2017) a offert un moment surréaliste. Il s’agit probablement de la plus grande peur de toutes les organisations de galas : qu’on ouvre une enveloppe en ondes au mauvais moment. En effet, il semblerait que les personnes responsables de la présentation soient arrivées sur scène avec le double de l’enveloppe qui couronnait Emma Stone pour La La Land et elles ont simplement eu le réflexe de nommer le film comme étant le meilleur de l’année. Alors que l’équipe de la comédie musicale faisait ses remerciements, des membres de la production se faufilaient pour vérifier trophées et enveloppes, jusqu’à ce que l’erreur soit annoncée. Un long moment de confusion!

 

Vous avez encore soif de remerciements croustillants? Alors rendez-vous sur le tapis rouge (de votre salon) très prochainement pour le Gala Artis, le Gala Québec Cinéma et les Prix Gémeaux (en septembre)! On se souhaite des remerciements aussi mémorables, n’est-ce pas?