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Artiste à découvrir : Pascal Blanchet, illustrateur

Artiste à découvrir : Pascal Blanchet, illustrateur

Patrick Dupuis

14 mai 2019

Inspiré par la musique et l’architecture, l’illustrateur Pascal Blanchet s'apprête à entrer dans un nouveau chapitre de sa création : le cinéma d'animation.

 

Avez-vous un souvenir de jeunesse qui a pu avoir une influence sur votre choix de devenir illustrateur?

Je dirais les vieux livres d'architectures de la bibliothèque municipale. Il y avait des dessins réalisés par de grands architectes, Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Mies Van der Rohe. Ça m'avait énormément impressionné. 

 

En quelques mots, décrivez-moi votre style artistique.

Less is more.

À quoi ressemble votre table à dessin?

Des équerres, des crayons trop courts mal aiguisés, un tourne-disque. Généralement, c'est un véritable foutoir. 

 

Quelle est l’atmosphère propice pour trouver vos meilleures idées?

Ne pas dessiner et écouter de la musique. La musique, c'est ma source numéro un d'inspiration. C'est littéralement mon moteur, pas seulement pour mon travail, mais dans la vie en général. C'est, pour moi, la forme d'art ultime, elle peut être à la fois sérieuse et cérébrale, dansante, bonne, mauvaise, ce média n'a manifestement aucune limite! Pour ma part, c'est l'expression humaine la plus totale qui soit!

L’un de vos croquis a servi à recréer une scène dans le film Isle of Dogs. Et vous travaillez sur de fausses affiches publicitaires pour The French Dispatch, le prochain film de Wes Anderson. Comment est née cette collaboration avec le réalisateur?

Je ne sais trop. Un jour, il m'a contacté. Désormais, Internet fait tellement voyager nos images qu'on peut s'attendre à tout!

 

Vous avez créé la pochette de son album Bonjour tristesse. Vous avez joué à l'architecte dans la création de son clip La science du cœur. Et il fait la musique dans votre premier film d'animation. Ce sont vos trois collaborations récentes avec Pierre Lapointe. Dites-moi comment un artiste développe une telle envie de travailler avec vous, encore et encore?

C'est une bonne question, je me le demande aussi (ha, ha!). Mais je pense que Pierre est très fidèle à ses collaborateurs, et je crois qu'on est sur la même longueur d'onde quand vient le temps de développer des idées.

Après près de trois ans de travail, votre premier film d'animation, intitulé Le cortège, verra le jour à l’ONF cette année. Pour la première fois, vos illustrations prennent vie. Comment décrivez-vous ce nouveau chapitre de votre création?

C'est pour moi l'élément qui manquait à mes livres, la musique, le mouvement! J'ai un peu l'impression d'avoir enfin trouvé le média que je cherchais depuis si longtemps!

Des points de vue dramatiques sur des bâtiments et des paysages, de la lumière et des ombres portées. Lorsqu'on regarde vos illustrations, on entre dans un univers cinématographique et théâtral. Comment le cinéma a-t-il influencé votre travail?

Après la musique, le cinéma est ma seconde grande source d'inspiration (les arts graphiques sont loin, loin derrière). Particulièrement le cinéma des années 30, 40 et 50. Il y a une abstraction de la réalité, un désintérêt du réalisme et une qualité artistique qui donnent des résultats d'une grande force et d’une grande poésie. Malheureusement, ce sont des choses que l'on ne trouve plus vraiment au cinéma aujourd'hui. Parce que, justement, on veut que ça semble vrai, et c'est bien dommage.

 

La typographie est un aspect important de vos œuvres. Parlez-moi de votre amour des lettres et des caractères.

La typographie participe autant que le dessin dans mon travail, c'est un tout. J'aime beaucoup la typographie, mais je n'en suis pas un expert, seulement un amateur, mais je sais m'émouvoir devant un beau G.

En épluchant votre portfolio, on y découvre presque toute l'histoire de l'architecture moderne. Un architecte se cache-t-il en vous?

C'était mon rêve, être architecte. Ça l'est encore, je crois. J'étais un cancre à l'école, ceci explique cela.

Parlez-moi d’une œuvre de vos pairs que vous affectionnez particulièrement ou qui vous a marqué.

L'ensemble de l'œuvre d'Isabelle Arsenault, d'un raffinement et d'une délicatesse incroyable tout en étant d'une force folle. Une poigne de fer dans un gant de velours. J'aime beaucoup les œuvres qui, tout en étant délicates, sont très puissantes.

 

Quels sont les prochains projets qui sommeillent dans la tête de Pascal Blanchet?

L'envie folle de faire encore du cinéma! 

 

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