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La programmation d'ICI ARTV dessinée par Pascal Girard

La programmation d'ICI ARTV dessinée par Pascal Girard

Laurence Godcharles

14 août 2019

Séries d’époque, cinéma, entretiens, documentaires, variétés : la programmation automnale d’ICI ARTV fera plus que jamais briller la culture dans votre petit écran. Dès la mi-août et jusqu’en décembre, retrouvez vos émissions chouchoutes, telles que Pour emporter ainsi que C’est juste de la TV, mais laissez-vous également séduire par maintes primeurs, dont Tout simplement country et La table de Kim

 

Afin d’en connaître davantage sur la saison télévisuelle à venir sur les ondes d’ICI ARTV, contemplez la vidéo présentée ci-dessous. Vous découvrirez par ailleurs la main de l’illustrateur Pascal Girard, un artiste qui, à l’aide de ses légers coups de crayon, a habilement dessiné certaines émissions à ne pas manquer. 

 

 

Le trait léger de Pascal Girard

 

Un café à portée de main, assis autour de sa table de cuisine, Pascal Girard crayonne ce qui deviendra peut-être sa prochaine bande dessinée à succès. Plusieurs de ses réalisations, dont l’album  La collectionneuse et le documentaire jeunesse Ours : brun, blanc, noir, lui ont d’ailleurs valu de nombreux prix. Évitez cependant de le qualifier d’illustrateur : il rougira. Sans formation ni méthodologie, il préfère se définir simplement comme un « dessinateur de bonshommes ».

 

Pascal Girard n’a pas de routine artistique. Il dessine souvent le matin, mais sans en faire une habitude. Il gribouille aussi régulièrement dans les pièces communes de son appartement. Or, là encore, ce n’est que parce que son ancien espace de bureau a été transformé en chambre pour sa petite fille. 

 

L’approche artistique de l’illustrateur – enfin, du dessinateur – se montre très désinvolte. Son trait, par exemple, a un je-ne-sais-quoi d’absolument léger. Dans ses créations, la silhouette de ses personnages est de coutume « inachevée », et c’est la même chose pour les objets et les environnements qu’il imagine. 

 

Crédit : Martin Ouellet-Diotte 

 

« C’est difficile, apposer des mots sur sa couleur, dit-il. Je crois que mon trait est fragile. Mais honnêtement, je ne réfléchis pas tant à ça non plus. » Le bédéiste natif de Jonquière crée de façon plutôt improvisée. S’il connaît en général le scénario, il affirme se laisser guider par l’inspiration, page par page. 

 

Cette désinvolture, il la doit en partie à l’auteur québécois de bandes dessinées Jimmy Beaulieu. Aperçu lors d’un salon du livre, dans la première décennie des années 2000, il se rappelle avoir été sous le coup de l’émotion en l’observant travailler. « C’est un peu con, mais il m’a fait réaliser qu’illustrer des livres, ça n’avait pas besoin d’être compliqué », raconte l’artiste. 

 

Crédit : Martin Ouellet-Diotte

 

Pascal Girard et sa personnalité artistique décontractée ont en effet été impressionnés d’apprendre qu’une personne aussi talentueuse que cet homme dessinait à l’aide de « ce qu’il y a de plus cheap sur le marché ». Pour lui qui apprécie la simplicité, c’était un véritable déclic.

 

« Il faut croire que la légèreté est plus présente dans mes dessins que dans ma tête », ajoute-t-il en riant.

 

Les bédéistes québécoises  Iris Boudreau et Julie Doucet ont également inspiré le travail de l’artiste, et ce, tant par l’excellence de leurs histoires que par leurs illustrations. 

 

Vocation : artiste... et travailleur social 

 

Depuis 2014, Pascal Girard exerce le métier de travailleur social parallèlement à celui de dessinateur. « Ce n’était pas nécessairement pour une question financière. C’est certain que cet aspect a pesé dans la balance, mais j’avais envie de faire autre chose », dit-il. Avant de retourner aux études, à la fin de la vingtaine, cela faisait déjà huit ans qu’il travaillait uniquement à titre d’artiste. 

 

« Je ne savais pas si j’avais assez d’idées pour écrire des livres et réussir à gagner ma vie avec ces derniers », explique-t-il.

 

Aujourd’hui âgé de 37 ans, il s’affaire, trois jours par semaine, aux bons soins de malades atteints de troubles du mouvement, en plus de gribouiller et, bien sûr, de vaquer à ses occupations familiales. 

 

La modestie avec laquelle il aborde son œuvre découle d’ailleurs probablement du fait qu’il ne porte pas en tout temps le chapeau d’artisan. Selon lui – et contrairement à lui –, les illustrateurs et illustratrices s’engageraient à temps plein dans leur art. « Moi, je ne fais que des bonshommes dans des pages », exprime-t-il. Sans en détenir la certitude, le Montréalais d’adoption considère aussi que ses collègues issus du milieu de l’illustration ont un « sens de la composition distinctif ». 

 

Crédit : Martin Ouellet-Diotte

 

Pascal Girard se réjouit néanmoins de son emploi du temps, qu’il estime maintenant plus équilibré. « Ça me fait du bien de travailler pour les autres. C’était important pour moi de ne pas perdre l’envie de dessiner, et j’ai l’impression qu’avant le travail social, je tendais vers cela. » 

 

Afin de ne pas entraver la vie privée de ses patients, le bédéiste précise qu’il ne s’inspire pas de leurs histoires. Il est cependant loin d’être en panne d’inspiration.

 

Avec la naissance de sa petite, son cerveau semble au contraire bouillonner d’idées. « En ce moment, j’essaie d’inventer un livre policier, dans lequel ma blonde enquête sur un meurtre survenu pendant son congé de maternité », raconte-t-il en riant, réalisant du même coup l’absurdité de cet univers. Mis à part ce projet, le diplômé en cinéma se concentre sur l’élaboration de bouquins jeunesse.

 


Pour découvrir l’œuvre de Pascal Girard, rendez-vous sur son site Internet ou sur sa page Instagram.