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Pénélope McQuade n’a jamais eu la langue dans sa poche. Animatrice chevronnée, elle n’a jamais eu peur de partager ses réflexions à voix haute. Après plus de 25 ans de carrière, elle s’arrête quelques minutes sur le plateau de Véronique Cloutier et regarde dans le Rétroviseur.
 


Chaque semaine, Véronique Cloutier accueille un invité pour une entrevue intimiste et singulière. Ensemble, ils remontent le temps et visionnent des images d’archives. Est-ce que leur discours a changé avec les années? C’est ce qu’ils découvrent dans le Rétroviseur, le vendredi 21h30 sur ICI ARTV ou en rattrapage sur sans la section Véro.TV d'ICI Tou.tv EXTRA.


 

Réfléchir tout haut

 

En 2001, sur le plateau de l’émission Les trois mousquetaires, Pénélope déclarait que la variété d’opinions dans le paysage médiatique québécois était assez limité. Neuf ans plus tard, aux Lionnes, elle affirme qu’il y en avait peut-être trop, créant ainsi la dictature de l’opinion.

 

Où en est-elle aujourd'hui?

 

Neuf ans plus tard, il y eut l’avènement des réseaux sociaux qui a fait qu’effectivement, il y a beaucoup beaucoup d’opinions. Trop d’opinions. Elles sont très tranchées et entre les deux, il n’y a pas une grande nuance. Personnellement, avoir une opinion sur tout, non. Ça s’est précisé avec les années. Je dis beaucoup moins mon opinion, mais je me permets beaucoup plus de réfléchir à voix haute.

- Pénélope McQuade, 2019

 

 

Les filles et l’estime de soi

 

En 2008, aux Francs-tireurs, Pénélope déclarait ceci sur les femmes et leur estime d'elles-mêmes :

 

Ma théorie c’est que (nous) les filles, on part dans la vie avec tellement une piètre estime de soi. On se trouve laides même quand on est belles, on a toujours peur de ne pas être intelligentes même quand on est capable de faire une phrase sujet-verbe-complément. On part tellement de loin que pour être capable de s’enfler la tête, ça prendrait quelque chose de démesuré.
- Pénélope McQuade, 2008

 

En regardant cet extrait d’entrevue, elle était encore d’accord avec cette réflexion, mais que celle-ci a évolué : 

 

Je pense qu’on se nuit beaucoup à soi-même. Mais là où ma pensée a évolué, c’est qu’on dit que si les femmes n’avancent pas plus dans les entreprises, n’acceptent pas des postes de direction ou ne sont pas plus ambitieuses, c’est parce qu’elles manquent de confiance en elles. Le problème que j’ai avec ça, c’est qu’on met encore la responsabilité sur le dos des femmes.
- Pénélope McQuade, 2019

 

 

 

Sentiment de culpabilité

 

Une entrevue a été particulièrement marquante pour Pénélope McQuade, c’était son passage à On prend toujours un train en 2010 avec Josélito Michaud. C’était quelques mois après un important accident de la route.

 

« Quelques temps avant mon accident, je disais à ma mère que je n’avais jamais frappé de mur. Deux semaines avant l’accident. Ma mère m’a rappelé ça récemment, je ne m’en rappelais pas. Et encore quelques mois plus tard, tu te dis que t’as encore passé au travers ça avec facilité, que c’était pas assez dur, que t’aurais voulu avoir plus mal et de ne pas surmonter les choses avec facilité. Elle m’a dit « Là, ça suffit. » Il faut arrêter de dire que la vie est trop facile pour toi et de profiter du fait qu’elle soit facile. »
- Pénélope Mcquade, 2010

 

De son propre aveu, cette déclaration était très difficile à entendre. Elle confie à Véronique Cloutier qu'aujourd'hui, cette déclaration résonne encore en elle : 
 

J’ai pas encore réglé ça. C’est comme si je ne comprends pas toujours pourquoi les choses arrivent à certains avec autant de facilité, mais moi ce que je considère facile l’est pas nécessairement pour quelqu’un d’autre parce que ma vie n’a pas été facile. (…) Je suis pleine de gratitude, mais en même temps, j’ai de la difficulté à en profiter pleinement parce que je me dis que j'ai eu plus que ma part.

 - Pénélope, McQuade 2019

 

 

 

La violence des réseaux sociaux

 

En 2016, dans l’émission Ceci n’est pas un magazine, Pénélope déclarait vouloir prendre une pause de Facebook pour éviter la violence gratuite de certains commentaires. Aujourd’hui, elle affirme que cette violence ne l’atteint plus sur un plan personnel :

 

Individuellement, il n’y a plus rien qui m’atteint. Collectivement, ça m’atteint encore plus que quand ça m’atteignait personnellement parce que je trouve qu’on est beaucoup dans la banalisation de comment on se parle. Il y a un niveau de toxicité que je trouve qu’on tolère et qui nous mine, même quand ce n’est pas nous qui le recevons.

 - Pénélope McQuade 2019