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On dit qu’il est l’Andy Warhol du Québec. Ses toiles nous transportent instantanément à Time Square : elles sont colorées et remplies d’icônes de la culture populaire. Porteuses d’une critique forte et claire de la surconsommation? Assurément. Malgré cela, le ton humoristique et léger de l’artiste reste bien présent. Guy Boudro, aujourd’hui reconnu internationalement, illustre la ville de New York comme personne ne l’a fait avant lui.

 

L’artiste, qui s’inscrit dans le mouvement popart, séduit les amateurs d’art de la planète depuis plus de deux décennies. Ses œuvres, accessibles et colorées, respirent la culture populaire américaine, particulièrement la ville de New York. Cependant, au début de sa carrière, son style était tout autre. Il n’avait que 16 ans quand il a commencé à peindre. À cette époque, ses toiles étaient plus traditionnelles : il peignait des paysages de Charlevoix à l’huile. Tel un sportif s’entraînant, Boudro a peint quotidiennement, plusieurs heures par jour, pendant des années. Son rêve? Vivre de son art. 

 

La révélation

Comment peut-on aussi drastiquement passer des paysages classiques aux pop art éclaté? En 1987, alors qu’il étudiait au Cégep du Vieux Montréal, il a mis les pieds à New York, et ç’a été la révélation. Il est complètement tombé sous le charme de la grande ville : les lumières, l’abondance de publicité, de culture populaire : « J’étais guide touristique à New York [...]. Je me suis imprégné de l’énergie de la ville. C’est ainsi que je me suis mis à peindre les taxis jaunes new-yorkais dans chaque toile. Je savais que je touchais une niche particulière », raconte-t-il. Son style s’est défini au décès d’Andy Warhol, en 1987. Le Musée d’art contemporain de New York présentait une rétrospective de ses œuvres. Cinq ans plus tard, c’est Guy Boudro qui exposait pour la première fois ses toiles à New York. 


« Spiderman Over Broadway », BOUDRO / Image: Courtoisie 

 

Inspiration 
 

D’abord influencé par Warhol, il s’est également inspiré de Lichtenstein, Rauschenberg et Rosenquist. Ainsi, ses toiles qui ne montraient que quelques éléments de la ville de New York, notamment les fameux taxis jaunes, se sont remplies de symboles publicitaires, de personnages de dessins animés, de panneaux routiers... Les personnages, particulièrement ceux de Marvel, sont omniprésents et particulièrement réussis. A-t-il toujours été un fan de bandes dessinées? Ironiquement, pas vraiment : Son but est d’élever l’art populaire : « Je veux amener mon travail ailleurs, à un niveau supérieur. Le pop art, particulièrement en Europe, nous laisse l’impression [que nous sommes] dans un marché aux puces. Ce n’est pas spécialement haut de gamme. » L’unicité de ses toiles fait sa renommée; il peint, entre autres, sur des pièces de casse-tête et des timbres géants. 

 

BOUDRO 360
 

Ayant beaucoup exposé en Europe dans les dernières années, Boudro fait un retour à Montréal avec BOUDRO 360, sa première exposition en sol québécois en dix ans. Boudro n’a  jamais été fan des expositions traditionnelles. Il a toujours aimé sortir du cadre et présenter ses œuvres dans un contexte éclaté et interactif. D’ailleurs, son travail se retrouve aujourd’hui sur quelques cônes orange de la ville de Montréal, comme un clin d’œil humoristique à la ville. Pourrait-il s’agir d’une idée pour faire sourire les automobilistes? « On voulait l’offrir à la ville de Montréal parce que c’est tellement absurde qu’il y ait autant de cônes orange! Si tous les cônes de Montréal étaient signés Boudro, peut-être qu’on aurait plus de fun dans le trafic! » affirme-t-il, à la blague. 


Cône de construction signé Boudro / Photo: Courtoisie

 


  Amateurs de pop art? L’artiste est de retour à Montréal et présente BOUDRO 360 à la Galerie MX de Montréal jusqu’au 15 octobre prochain.