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Ces livres qui changent nos perspectives en 2021

Ces livres qui changent nos perspectives en 2021

Rétrospective culturelle de 2021

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La recommandation de Radio-Canada Ohdio

Ohdio

Gerry Boulet, avant de m'en aller, de Mario Roy (ART GLOBAL)

Écoutez Dan Bigras raconter comment Gerry Boulet a vécu à cent à l'heure, chantant comme un coyote, se saoulant de nuits folles, d'alcool, de drogue, de musique... Ce pionnier du rock francophone a connu les salles de danse, les bars miteux, les auditoriums de toutes les régions du Québec et quatre fois le Forum, avant de s'en aller le 18 juillet 1990, à l'âge de 44 ans. Réalisation : Marc Coiteux.

 

La recommandation de Plus on est de fous plus on lit

Ohdio

Ptoma : un psy en chute libre, Nicolas Lévesque (Varia)

« Les patients peuvent réveiller les propres blessures du psy, donc c'est important de prendre soin de nos outils de travail; notre cœur, notre esprit et nos tripes. » C'est avec beaucoup d'introspection que Nicolas Lévesque publie Ptoma, qui signifie en grec « tomber ». Après Phora, publié en 2019, le psychologue poursuit une réflexion très intime et critique sur sa pratique. Dans cette chute contrôlée, l'intellectuel creuse davantage sa pensée sur des sujets divers, comme l'amour, la jalousie, le deuil, les traumatismes de la COVID-19, la solitude, etc.

 

Les recommandations de l'équipe d'ICI ARTV

« La seule certitude, c’est que rien n’est certain. » Proverbe latin

Attelez-vous, le monde change, alors mieux vaut essayer de rester à jour! Toutefois, je ne vous « garroche » pas ça au visage pour ensuite partir en courant, je vous propose plutôt quelques livres dans lesquels vous plonger pour ne pas rater le train! 

Corps rebelle : réflexions sur la grossophobie, Gabrielle Lisa Collard

Corps rebelle : réflexions sur la grossophobie, Gabrielle Lisa Collard

La journaliste et autrice Gabrielle Lisa Collard a rassemblé des textes de son blogue, Dix octobre, qu’elle a tenu de 2016 à 2020. Son franc-parler est magique, il fait du bien, il fait rire et il fait changer notre société. À l’époque, elle voulait créer un espace sécuritaire pour les personnes grosses où discuter, chialer, échanger, partager. Elle était une des rares personnes dans la francophonie à parler de grossophobie. En 2020, c’est une militante épuisée qui s’arrête parce qu’elle a besoin d’une pause. Elle a réussi à montrer la réalité des personnes grosses, à faire comprendre à quel point elles sont malmenées, brutalisées. Aujourd’hui, elle n’est plus seule, il y a une communauté qui parle, des personnes alliées qui sont là. Ce livre est utile, nécessaire.  

« On va donc régler ça tout de suite : tout le monde est grossophobe. C’est notre valeur par défaut. Ça aussi, on y reviendra. Ça fait mal à lire, mais c’est vrai, et plus vite vous l’accepterez, plus vite vous pourrez commencer à déconstruire la grossophobie dont vous faites inévitablement preuve, que vous soyez gros, mince ou entre les deux. » – Gabrielle Lisa Collard

 

Les racistes n’ont jamais vu la mer, Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban

Les racistes n’ont jamais vu la mer, Rodney Saint-Éloi et Yara El-Ghadban

À pas feutrés, on entre dans la conversation entre Rodney Saint-Éloi, poète, écrivain et essayiste, et Yara El-Ghadban, romancière et anthropologue. Les deux personnes témoignent. L’écriture est douce, mais les histoires sont crues, cruelles, dures.

La façon dont le duo nous raconte ses histoires est très émouvante. Impossible d’y être insensible. C’est un bon moment pour réfléchir à la façon d’accueillir, d’intégrer, d’écouter et de comprendre l’autre, et d’en être solidaire.  

« Jusqu’à ce jour, je vivais le déracinement comme une seconde nature. Je subissais les soubresauts de notre condition de Palestiniens comme si ça ne pouvait qu’être ainsi. Je n’avais connu que cela. Jamais n’avais-je imaginé que des hommes et des femmes pouvaient passer leur vie dans un seul et même endroit sans avoir à bouger, sans en sentir le besoin, sans la peur de se faire déporter, sans que leur destin dépende d’un papier. »  – Yara El-Ghadban
« Le racisme refuse l’Autre. Le réduit. Réduit ses rêves et son être à sa plus simple expression d’humain. Alors que tout mon cœur s’ouvre à l’Autre. À sa soif du monde. À sa quête de mers et d’horizons infinis. À cette géographie à la fois intime et immense à partager. » – Rodney Saint-Éloi

 

11 brefs essais sur la beauté, Collectif sous la direction de Marilyse Hamelin

11 brefs essais sur la beauté

Ouvrage collectif avec des textes de : Marie-Hélène Bellavance, Françoise David, Lynda Dion, Estelle Grignon, Perrine Leblanc, Eftihia Mihelakis, Heather O’Neill, Alex Rose, Perrye-Delphine Séraphin et Christine Sioui Wawanoloath.

Qu’est-ce qui vous vient en tête quand on dit le mot « beauté »? C’est la question lancée à 11 personnes (10 femmes et 1 homme). À travers des témoignages, des réflexions, des contes, chacune traduit son ressenti par rapport à ce mot lourd de sens. 

Les origines sociales, les commentaires maladroits, les insultes, la pression familiale, les revendications, la soumission, la féminité, le manque de modèles médiatiques… On réalise qu’il n’y a pas trois critères de beauté, mais qu’il y en a autant qu’il y a de vécus. Et on ne parle pas que de beauté physique, on élargit notre regard sur le concept, la charge des mots. On philosophe, on raconte la beauté, on se reconnaît, on découvre, on guérit. 

« Une autre fois, il y a bien une autre fois où je me suis sentie belle. J’ai oublié ou je ne veux pas me souvenir, qu’est-ce que j’en sais. L’exercice est vraiment éreintant, il nécessite des efforts aux plans mental et émotif. » – Lynda Dion
« Une des choses les plus difficiles pour une femme trans en début de parcours n’est pas tant de s’imaginer femme que de s’imaginer belle. » – Estelle Grignon