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Les romans canadiens qui ont marqué l'année 2021

Les romans canadiens qui ont marqué l'année 2021

Rétrospective culturelle de 2021

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La recommandation de Radio-Canada Ohdio

Ohdio

Ce qu'on respire sur Tatouine, de Jean-Christophe Réhel (Del Busso)

Pas facile d'échapper à un quotidien étouffant quand notre route semble vouloir nous mener inlassablement du rayon des bananes du Super C au seizième étage du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM). Où fuir quand la maladie, la solitude et la pauvreté nous tiennent prisonniers de notre sous-sol à Repentigny? Sur la planète Tatouine, avec un peu de chance! Une histoire touchante et pleine d'autodérision lue par Marc-André Grondin, Catherine Brunet, Marianne Fortier, Gaston Lepage, et plusieurs comédiens. Réalisation : Jocelyn Lebeau

 

La recommandation de Plus on est de fous plus on lit

Ohdio

Mille secrets mille dangers, Alain Farah (Le Quartanier)

Alain Farah a pris huit ans pour donner vie à Mille secrets mille dangers, une période nécessaire à l'écrivain de Pourquoi Bologne pour aborder des sujets qui vont au fond de lui-même; les souvenirs de son enfance « brouillée par une sensation de peur », ses angoisses précoces nourries par les chicanes de ses parents, ses origines immigrantes qui revêtent pour lui tantôt la honte tantôt une fierté, la maladie qui l'accable, mais qu'il ne nomme jamais, son coup de foudre pour la plume de Foglia, son envie de devenir aussi radical que ses idoles littéraires, etc.

 

Les recommandations de l'équipe d'ICI ARTV

La fille d’elle-même, de Gabrielle Boulianne-Tremblay

La fille d’elle-même, Gabrielle Boulianne-Tremblay

La comédienne avait marqué les esprits en 2017 dans le film Ceux qui font les révolutions à moitié n’ont fait que se creuser un tombeau, rôle qui lui avait valu une nomination aux prix Écrans canadiens. En 2021, ç’aura été avec son premier roman, dans lequel l’autrice trans se raconte au féminin, de son enfance, qu’elle a vécue coincée dans un corps de garçon, à l’âge adulte, où elle est passée de la campagne à la ville, alternant entre oppression et lumière. Cette œuvre, qui s’inscrit dans un nouveau genre littéraire à part entière, la littérature trans, contribue à faire comprendre l’expérience de la transidentité. Une prise de parole salvatrice, aussi belle qu’importante. 

 

Mille secrets mille dangers, d’Alain Farah

Mille secrets mille dangers, Alain Farah

Après avoir fait paraître des « romans que personne lit sauf trois, quatre weirdos », dixit son cousin Édouard adoré dans ce troisième roman, le chroniqueur chouchou de Plus on est de fous, plus on lit et professeur de littérature française propose cette fois une œuvre « extraordinairement accessible », comme l’a décrite l’animatrice Marie-Louise Arsenault. S’il emprunte une structure cérébrale – le récit se déroule en une journée, celle du mariage du narrateur, Alain Farah, ponctué d’allers-retours temporels –, l’auteur offre un roman d’autofiction aussi divertissant qu’émouvant. Et jamais il n’avait abordé aussi frontalement son identité. 

 

Femme forêt, d’Anaïs Barbeau-Lavalette (Marchand de feuilles)

Femme forêt, Anaïs Barbeau-Lavalette

Si son roman précédent, La femme qui fuit, sur sa grand-mère maternelle peintre et poète ayant abandonné ses enfants, est devenu culte, cette nouvelle œuvre laisse un souvenir tout aussi impérissable. Au début de la pandémie, la narratrice s’est réfugiée dans la campagne de son enfance afin de vivre à neuf dans une vieille maison. Sous sa plume poétique et viscérale, la nature vibre, aussi majestueuse que sauvage – la femme urbaine est devenue forêt. « Nous sommes ensemble, tissés au reste des vivants. Fragile. Enracinés. Miraculés », écrit-elle dans cet hymne à la douceur, aux miracles du quotidien et à la nature, où la vie côtoie la mort.  

 

Tiohtiá:ke, de Michel Jean 

Tiohtiá:ke, de Michel Jean

Dépossession des territoires et sédentarisation forcée dans Kukum, puis vie d’une Innue dans le monde des Blancs dans Atuk, elle et nous; par la fiction, le journaliste innu sensibilise les gens avec brio aux réalités des Premières Nations. De nouveau, il fait œuvre utile, abordant cette fois l’itinérance autochtone à Montréal (Tiohtiá:ke, en langue mohawk), mais surtout, la solidarité des personnes issues de communautés autochtones. C’est en effet grâce à la solidarité qu’Élie, banni de son clan pour avoir tué son père violent, pourra se reconstruire et guérir ses blessures passées. 

 

Niagara… la voie qui y mène, de Nicole V. Champeau 

Niagara… la voie qui y mène, Nicole V. Champeau

On triche un peu ici. Cet ouvrage à la langue toute poétique constitue en fait un essai… mais qui coule comme un roman-fleuve. « Quelque chose m’entraîne là où il n’est plus possible de reculer. Sous mes yeux, le mystère me taraude : c’est l’eau, la toute rebelle », écrit la lauréate du Prix du livre d’Ottawa de cette année dans la catégorie non fiction. Tout en décrivant la beauté de la région du Niagara, l’auteure ontarienne en fait revivre avec érudition et sensibilité l’histoire, marquée par les peuples des Premières Nations et les premiers Français d’Amérique.