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5 merveilleux recueils de poésies publiés en 2020

5 merveilleux recueils de poésies publiés en 2020

Amélie Grenier

7 décembre 2020

Ce billet est tiré de la rétrospective culturelle 2020 d’ICI ARTV. Pour lire les autres contenus, c’est par ici.


La poésie est un baume efficace pour bien des maux (On salue l’année 2020!). Parfois, elle donne envie de pleurer et de dire « Un autre être humain a vécu des choses difficiles comme moi *petite larme*», ou elle éclaire « Wow, je n’avais jamais vu la réalité sous cet angle », ou encore elle fait du bien « C’est très réconfortant, j’ai l’impression que quelqu’un me berce ». Si vous voulez fréquenter les mots et l’âme de belles personnes, c’est par ici!

 

Cœur yoyo, Laura Doyle Péan – Mémoire d’encrier, septembre 2020


Crédits photo : Mémoire d'encrier
 

Poète et militante, Laura Doyle Péan a 20 ans et étudie en droit à l’Université McGill. Cœur yoyo est son premier livre. Dans celui-ci, on découvre au fil des jours ce qui occupe la tête, le cœur et la vie de cette jeune femme en pleine rupture amoureuse. L’autrice dit qu’il ne s’agit pas là d’un livre de peine d’amour ou de survie, mais bien d’un livre d’apprentissage. Et qu’à travers la poésie, elle trouve comment faire du beau avec le chaos. 

Un livre urbain, humain, comme un cocon. En lisant ses mots, on ressent les quatre murs qui l’entourent, les bruits de la ville et ses larmes discrètes. 

 

Extrait :

aller dans une soirée de poésie
comme une thérapie

 

mon peuple est une poète
au bord d’une falaise

 

déprimée
mets-en

 

à certaines
le ciel bleu suffit

 

chez moi
ça fait trois jours qu’il pleut

 

Et arrivées au bout nous prendrons racine, Kristina Gauthier-Landry – La Peuplade, juin 2020


Crédits photo : La peuplade
 

Un premier recueil pour Kristina Gauthier-Landry, qui est lauréate des prix Nouvelles Voix 2018 et Geneviève-Amyot 2019. La poétesse est originaire de Natashquan, et cet environnement nord-côtier est très présent dans le livre : les plages, le vent, le froid, les poissons (capelan, truites, sardines). En lisant, on sent la douceur et les odeurs nous envelopper, on saisit l’espoir d’un regard, un désir d’exister, et l’on sourit! 

Il y a des mots qui font voyager, qui nous amènent ailleurs, même à travers le temps. Avis à ceux et celles qui en ont assez d’être immobiles, c’est un bon moment pour y plonger. 

 

Extrait :

les sardines sur la galerie
mangent le ciel
à même la canne
rient constellées
jusqu’à plus faim

on était heureux comme du monde
un soir rose de juillet

 

Belle pour rien, Julie Roy – L’Oie de Cravan, octobre 2020


Crédits photo : L'oie de cravan
 

Après Dans le bois avec les sorcières, paru en 2017, Julie Roy livre ses mots dans Belle pour rien. En prenant le recueil dans ses mains, en l’observant, on perçoit quelque chose de simple et d’élégant. On y plonge, et l’on parcourt la ville à travers les yeux de l’autrice; les détails qui retiennent son attention, qui deviennent importants : les pigeons, les vitrines, les poubelles, les stationnements, puis les êtres humains, la nature, partout autour. Une impression de tout voir à travers un filtre légèrement scintillant. À lire et à relire.

 

Extrait :

 

La vie me suit
n’importe où

je trouve mon cœur
dans les poubelles

je le prends
je le frotte

il brille
la nuit

 


Mélasse, Daniel Leblanc-Poirier – L’Hexagone, octobre 2020


Crédits photo : l'Hexagone
 

Daniel Leblanc-Poirier est écrivain, auteur-compositeur et technicien en génie civil. Il vit à Montréal, mais est natif du Nouveau-Brunswick. Il en est à son septième recueil. Mélasse est la suite de 911 et de Fuck You. Désir, couple et dépendance. 

C’est un recueil rempli d’émotions fortes. Il nous bombarde d'images. Est-ce qu’on peut lire la poésie à voix haute? Fort? Presque la crier? Par moments, c’est aussi ce dont on peut avoir envie en lisant ces mots. Il faudrait essayer.

 

Extrait :

on dirait que la nuit est une soupe aux nouilles
tabarnac mon amour serre-moi la main
je porte la chemise d’une royal flush
mes yeux sont des mottons                love
c’est paranormal comment je t’aime
regarde-moi couper les veines sucrées
de la distance qui nous sépare

 


Le ciel en blocs, Mireille Gagné – L’Hexagone, octobre 2020


Crédits photo : l'Hexagone
 

Le ciel en blocs est le quatrième recueil de Mireille Gagné. L’autrice, qui vit à Québec, pose son regard sur le monde qui l’entoure : ce mélange de maisons en rangées, de pylônes et de gratte-ciel, des visages neutres, des voisins qui s’installent sans qu’on les voie faire... Et la nature qui bouge autour.  

Ce recueil peut donner l'envie d’être immobile. De regarder le monde monochrome autour de nous. Est-ce que c’est rassurant, ou ça donne froid dans le dos? Un recueil qui pousse à la réflexion sur nos comportements, l’espace que l’être humain prend. Mais qu’est-ce qu’on fait ici? 

 

Extrait :

leurs enfants jouent souvent
avec des figurines en plastique
ils les font parler / rire / pleurer
debout de l’autre côté de la rue
je me demande ce que ça fait
comme l’impression en dedans


Compléments :


Ce billet est tiré de la rétrospective culturelle 2020 d’ICI ARTV. Pour lire les autres contenus, c’est par ici.