Des séries québécoises inspirées d’événements troublants

Des séries québécoises inspirées d’événements troublants

Nous avons eu l’idée de recenser quelques séries de fiction inspirées d’événements s’étant tenus au pays au fil des ans.

Les voici.

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Les orphelins de Duplessis

Dans les années 1950, l’Église catholique avait toujours une place importante auprès du gouvernement québécois, alors dirigé par Maurice Duplessis. Comme les problèmes liés à la pauvreté devenaient de plus en plus importants, surtout au sein des familles ouvrières, des programmes ont été mis sur pied pour que l’appareil religieux s’occupe d’enfants vivant dans des situations précaires ou d’abus. On avait par conséquent placé ces jeunes dans des établissements, dont des asiles, gérés par des congrégations religieuses où 1500 d’entre eux et elles ont été victimes de violences physiques, psychologiques et sexuelles. Si ce n’était pas déjà assez scandaleux, certaines des jeunes victimes ont été étiquetées et traitées comme ayant d’importants troubles de santé mentale afin que les établissements les abritant aient droit à des subventions réservées à cet effet. C’est cette horrible histoire qui a donc inspiré la création de la minisérie de deux épisodes de 90 minutes Les orphelins de Duplessis, nom que le groupe de personnes ayant subi ces sévices s’est donné.
 

Le monstre

L'image de couverture de la série Le monstre.

L’autrice Ingrid Falaise a été victime de violence conjugale alors qu’elle était à peine adulte. Elle s’est inspirée de son histoire pour écrire le roman Le monstre et ainsi faire changer la honte de camp. Le livre relate le récit d’une jeune femme qui s’éprend d’un homme et en tombe éperdument amoureuse. Malheureusement pour elle, la lune de miel se transforme en véritable cauchemar, alors que l’amoureux parfait devient lentement mais sûrement un véritable bourreau pour sa partenaire, qui réussit finalement à se sortir des griffes de son agresseur. Ce récit a par la suite été adapté à l’écran dans une série dramatique du même nom, déclinée en six épisodes, qui a fait grand bruit à sa sortie, en 2019. 
 

Pour Sarah

En 2010, la vie de Justine, la fille du producteur François Rozon, ainsi que celles de ses proches ont basculé après qu’elle ait été grièvement blessée dans un accident de la route. Après une fête entre ados, la jeune femme et deux de ses amies étaient à bord de la voiture d’un chauffard de 18 ans quand ce dernier a joué au téméraire sur la route avant qu’il ne percute un arbre à grande vitesse. Les blessures subies par Justine dans l’accident l’ont plongée dans un coma de plusieurs mois en plus de la forcer à passer plusieurs années à l’hôpital. Ce terrible événement a mené la scénariste Michelle Allen à écrire la série dramatique Pour Sarah, librement inspirée de la véritable histoire de la jeune femme et produite par son père. La fiction met en vedette Marianne Fortier dans le rôle de Sarah et a été diffusée pour la première fois en 2015 à TVA.
 

Alys Robi

Joëlle Morin dans le rôle d'Alys Robi.

La chanteuse et musicienne Alys Robi, de son vrai nom Alice Robitaille, était vouée à une grande carrière artistique dès un très jeune âge. Son indéniable talent lui a permis de rejoindre la troupe de la Poune quand elle n’était encore qu’une adolescente. Dans les années 1930, sa popularité grimpe, au point où elle devient la première vedette internationale de la province. Dans les années 1940, elle se rend un peu partout sur la planète pour donner des spectacles et signe même une entente avec la grande boîte de production Metro Goldwyn-Mayer à Hollywood pour être la grande vedette d’une comédie musicale. Malheureusement, tout bascule dans sa vie en 1948 lorsqu’elle subit un traumatisme crânien dans un accident d’auto qui l’amène à se reposer dans un sanatorium au Québec. Quelques mois plus tard, elle semble rétablie de ses blessures quand son père et un médecin décident de l’interner dans un hôpital psychiatrique contre son gré, à l’âge de 25 ans. C’est lors de ce séjour qu’elle a subi des électrochocs ainsi qu’une lobotomie, ce qui changera son destin à jamais. Produite en 1995, la minisérie en quatre épisodes de 60 minutes Alys Robi, dans laquelle la chanteuse est incarnée par la comédienne Joëlle Morin, revient sur la fulgurante ascension de la Québécoise dans le milieu artistique ainsi que sur les horribles événements qui l’ont suivie. Le film Ma vie en Cinémascope, qui a pris l’affiche en 2004 et qui met en vedette Pascale Bussières, raconte aussi la vie d’Alys Robi.
 

Les jumelles Dionne

Une image tirée de la série Les jumelles Dionne.

L’histoire des quintuplées Dionne – Annette, Cécile, Émilie, Marie et Yvonne – a énormément fait jaser depuis leur venue au monde, le 28 mai 1934 dans le petit village de Corbeil, au sud de North Bay, en Ontario. À l’époque, la naissance de cinq bébés était considérée comme un véritable miracle, et le fait que les sœurs aient survécu jusqu’à l’âge adulte a été encore plus surprenant. Alors âgées de seulement quelques mois, les jumelles Dionne ont été retirées de leur famille par le gouvernement ontarien sous prétexte que leurs parents n’en prenaient pas soin convenablement. Sauf que ces mêmes gens qui prétendaient vouloir le bien des quintuplées en ont fait des bêtes de cirque en les plaçant derrière une vitre à travers laquelle les gens pouvaient les observer, ce qui aurait rapporté environ 500 millions de dollars à la région en retombées économiques, selon les estimations. En 2019, Cécile et Annette Dionne ont fait un cri du cœur pour dénoncer l’exploitation des enfants à des fins lucratives, notamment sur les médias sociaux. En 1994, une minisérie inspirée de l’histoire extraordinaire de la famille Dionne, qui mettait en vedette Roy Dupuis et Céline Bonnier, a été produite.

Voilà qui met un terme à ce recensement de quelques-unes des séries québécoises inspirées de faits vécus plutôt sombres.