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Kim Thúy a l’art de réunir autour d’elle des hommes et des femmes issus de cultures et de milieux différents. Sa table est un lieu chaleureux, prisé et convivial où on partage sourires, fous rires et conversations enrichissantes. ​Cette semaine, elle recevait le metteur en scène et comédien René-Richard Cyr, l'animatrice et comédienne Louise Deschâelets, la philosophe et autrice Véronique Grenier et le cardiologue Jean-Marc Raymond. Autour d'un repas traditionnel vietnamien, ils ont longuement discuté du thème de l'amour. 


Prenez place à  La table de Kim  le vendredi à 20h ou en rediffusion dimanche 18h ainsi que lundi 23h sur ICI ARTV. 


 

ENTENDU CETTE SEMAINE À LA TABLE DE KIM

 

« Je dois vous avouer que nous, les Vietnamiens, on n’est pas très bons pour verbaliser l’affection et encore moins l’amour.  Alors ce que faisaient mes grands-parents et ce que font encore mes parents aujourd’hui c’est de cuisiner pour ceux qu’on aime. »
 - Kim Thúy

                                                   

 

 

« J’ai l’impression que quand tu ne sais pas pourquoi, c’est que t’aimes vraiment. Quand tu n’es pas capable de le nommer. Alors que quand tu n’aimes pas, tu as besoin de savoir pourquoi et tu es capable de dire pourquoi.  Il y a cet insondable dans la notion d’amour. »
- René-Richard Cyr 

 

 

« Je pense que c’est facile de tomber en amour. Ce qui est difficile, c’est de trouver la personne qui veut vivre l’amour de la même façon que toi. »
- René-Richard Cyr

 

 

« Quand on a un choc, je pense que les hormones qui sont sécrétées par les glandes surrénales sont dans le plafond. Ça peut donner des symptômes de crise cardiaque.  Par exemple, les gens peuvent avoir des douleurs dans la poitrine, ils vont sentir leur cœur aller très très vite, ils vont avoir de la difficulté à respirer.  Dans le cas du takoscubo, les mêmes hormones sont sécrétées, mais de façon tellement importante et démesurée que le cœur n’est plus capable de prendre toutes ces hormones en même temps. »

- Jean-Marc Raymond

   

 

« Mon père est décédé quand j’avais 8 ans. Je n’avais jamais vu mes parents s’embrasser.  J’ai seulement vu ma mère embrasser mon père je jour où il est parti à l’hôpital et il n’est plus jamais revenu, il est mort une semaine plus tard.  Je me vois encore dans le couloir de notre logement dans Rosemont, derrière notre dépanneur et j’ai senti qu’il y avait quelque chose d’important qui se passait. C’était un couple qui s’aimait. »

 - Louise Deschâtelets

 

 

 

« Les émotions, ça a toujours été très suspect, car c’est ce qui nous emporte, c’est ce sur quoi on n’a pas de contrôle alors que dans la philosophie on a toujours voulu être des êtres de raison. »

- Véronique Grenier

 

 

 

«Dans mon cas, je te dirais que oui, mais on aime plus sainement quand on a fait le ménage dans sa valise. C’est-à-dire de se vider de toutes ces choses qui n’ont pas fonctionné. Ce que j’ai fait en thérapie, ce qui m’a permis d’aimer mieux l’être avec qui je suis présentement et de relativiser les moments désagréables. » 

- Louise Deschâtelets

 

 

 

 

LES OBJETS DE LA SEMAINE

 

Les pailles romantiques de Kim Thúy​

 

« Les filles vietnamiennes, quand elles vivent un amour à longue distance ou impossible,  elles prennent de vieilles pailles et les pliaient en triangle. Elles les mettaient ensuite dans un pot pour montrer à l’amoureux combien de fois elles avaient
pensé à lui. » 

-Kim Thúy

 

 

La boîte qui contient le collier de Chagal, le chien du conjoint de Louise Deschâtelets

« Quand j’ai connu mon mari, il avait un chien. Un jour, il nous a surpris sur le canapé en train de dormir. Il m’a alors écrit sur une boîte : "Chagal peut se vanter d’avoir été le seul mâle avec qui j’ai partagé ma belle Louise!" et dans la boîte, il y a le collier de son chien. »
- Louise Deschâtelets 

 

Le DVD des Parapluies de Cherbourg de René-Richard Cyr​

« Je suis un indécrottable romantique. J’adore pleurer devant les histoires d’amour.  J’ai sorti Les parapluies de Cherbourg que j’ai eu la chance de faire au Théâtre.  Monsieur Legrand était venu le voir! Je le regarde et je pleure encore. »
- René-Richard Cyr 

 

Les tatouages de Véronique Grenier 

 

« J’ai plein de tattoos. Pour moi c’est très signifiant et c’est une démarche. J’ai une petite vague, c’est ma place intérieure. Elle me rappelle quelqu’un que j’ai aimé vraiment vraiment beaucoup et qui avait un intérêt pour l’eau et la relation qui était vraiment houleuse. Elle représente aussi les moments de calme qui ont pu venir. »

- Véronique Grenier

 

« Ma meilleure amie a le même.  Je suis « tombée en amitié » avec mon amie Geneviève. On s’est fait faire un tattoo commun, car on habite loin l’une de l’autre.  C’est une relation d’amour en fait, l’amitié. C’est juste que certaines choses en sont exclues.  Parfois, elles sont plus faciles, les relations d’amitié. Elles sont plus denses,  car il n’y a pas certains aspects comme le désir qui fait qu’on s’enfarge là-dedans. »

- Véronique Grenier

 

Le coeur de Jean-Marc Raymond

« C’est le cœur qui nous était donné à l’époque quand on finissait notre cardiologie à l’Université de Montréal.  Ça me rappelle la passation par mon mentor Pierre Lacombe, qui m’a donné ce cœur-là, qui est la personne qui a fait que je suis devenu cardiologue. Je ne me destinais pas à la cardiologie en entrant en médecine. »
- Jean-Marc Raymond