Français

Kim Thúy a l’art de réunir autour d’elle des hommes et des femmes issus de cultures et de milieux différents. Sa table est un lieu chaleureux, prisé et convivial où on partage sourires, fous rires et conversations enrichissantes. ​Cette semaine, elle recevait l'humoriste et comédienne Virginie Fortin, l'auteur-compositeur-interprète Michel Rivard, l'autrice et comédienne Natasha Kanapé-Fontaine et le peintre Louis Boudreault. Autour d'un repas traditionnel vietnamien, ils ont longuement discuté du thème de l'enfance. 


Prenez place à  La table de Kim  le vendredi à 20h ou en rediffusion dimanche 18h ainsi que lundi 23h sur ICI ARTV. 


 

 

ENTENDU CETTE SEMAINE À LA TABLE DE KIM

Qu’est-ce qui reste de l’enfance?

 

« Moi tout est resté.  Ma spontanéité, l’enfant un peu «niaiseux » qui  veut faire rire, c’est encore très ancré en moi. »
 - Virginie Fortin

                                                   

 

 

« Te souviens-tu quand tu as commencé à penser en français? Moi, je ne me souviens pas.  Je parlais innu en premier et ensuite j’ai appris le français quand j’ai commencé l’école, mais je croyais qu’on parlait encore innu à la maison. Je ne me suis pas rendue compte du changement qu’il y a eu.  Il y a plein de trucs dont je ne me souviens pas. Mais dans ma tête, j’ai encore des expressions qui sortent toutes seules. C’est comme s’il y avait deux mondes qui vivaient dans ma tête.  »
- Natasha Kanapé-Fontaine

 

 

« J’avais très très hâte de quitter l’enfance.  C’était pour moi une période de transition. Mes premiers souvenirs d’enfance, c’est que je regarde les enfants un peu plus vieux, des ados de genre 12 ans, et je me disais que c’est eux qui avaient du fun!  On me disait « T’es trop petit pour qu’on t’amène. » C’était une période d’attente. »
- Louis Boudreault

 

 

« Je suis né en 1951, au milieu du XXe siècle. J’ai été conçu la veille du jour de l’an et je suis un accident. Je suis le résultat d’une soirée bien arrosée et sensuelle, j’imagine.  Et comme beaucoup de gens dans cette situation, mes parents se sont retrouvés ensemble alors que probablement ils ne l’auraient pas été. C’est ma théorie. »

- Michel Rivard

   

 

« J’ai l’impression d’avoir eu une enfance parfaite. C’est épouvantable!  Mes souvenirs, c’est la liberté. Mais le passage de l’enfance où tout est jeu, tout est espoir et tout est rêve jusqu’à devenir un adulte, un vrai, avec toutes les responsabilités, je trouve que ça ne s’est pas très bien fait. J’ai pas complété.  Je suis déçue des fois. »

 - Virginie Fortin

 

 

 

« Qu’est-ce qui est inné et qu’est-ce qui ne l’est pas? Je pense qu’on a des cues, des débuts de phrases et qu’on les finit. »

- Louis Boudreault

 

 

 

 

 

LES OBJETS DE LA SEMAINE

 

La corde à danser en élastiques de Kim Thúy​

 

« On n’avait pas de cordes à danser alors on ramassait des élastiques et on les tissait pour fabriquer une corde à danser! » 

-Kim Thúy

 

 

Le piano et les partitions de Virginie Fortin

 

« Quand j’étais une enfant, on m’a inscrite aux cours de piano. J’aimais ça, mais ce n’était pas par pure passion. Il fallait que je pratique 45 minutes par jour. C’était une tâche. Mais je me rappelle que mes parents me disaient : « Quand tu vas être plus vieille, tu vas nous remercier et tu vas être contente d’avoir fait ça. » Et je suis contente aujourd’hui. Je me suis acheté un piano, presque le même que j’avais chez mes parents, et je joue tous les jours sans obligation! »
- Virginie Fortin

 

Le petit arbre rouge de Natasha Kanapé-Fontaine

« C’est quelqu’un qui me l’a donné récemment. J’ai toujours aimé les petits objets menus comme ça et les faire aussi. Quand j’étais plus jeune, j’aimais beaucoup fabriquer des affaires. Depuis que je l’ai mis dans ma chambre, il s’est mis à habiter ma chambre aussi et à faire partie de ma vie. Alors je le trouve vraiment magnifique et je remercie cette amie-là de me l’avoir offert!  »
- Natasha Kanapé-Fontaine

 

Le premier livre de Michel Rivard : L'opéra de la lune de Jacques Prévert 

 

« Au fil de tous les déménagements et des séparations, il y a un objet que ma mère avait gardé et c’est le tout premier livre que j’ai eu dans ma vie. C’est un livre pour enfant de Prévert, L’opéra de la lune. C’est un petit conte. Il y a encore du papier collant de l’époque. Le livre est en train de se désintégrer, il manque quelques pages. Ma mère me l’a donné quelques années avant de mourir. J’en avais les larmes aux yeux. Il y a même un L cursif que j’avais écrit à un moment donné 
pour me pratiquer!  »

- Michel Rivard

 

 

Le portait de Marguerite Duras enfant peint de Louis Boudreault 

« Les portraits que je fais sont assez fidèles à la photo d’enfance. Il y a des choses qui ne changent pas. Des yeux de Duras par exemple étaient les mêmes à 70 ans qu’à 11 ans. Les  yeux ne changent pas. C’est quand même le quart du visage! C’est beaucoup. »
- Louis Boudreault