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Artiste à découvrir : Delphie Côté-Lacroix, illustratrice

Artiste à découvrir : Delphie Côté-Lacroix, illustratrice
Des mets et des mots, couverture de la Revue Les Libraires, Delphie Côté-Lacroix

Par son remarquable trait de crayon, elle aime raconter des histoires touchantes et engagées qui font réfléchir petites et grandes personnes. Découvrez la richesse des œuvres de l’illustratrice Delphie Côté-Lacroix.

 

Racontez-moi un souvenir de jeunesse qui a pu avoir une influence sur votre envie de devenir illustratrice.

J’aimais dessiner, comme la plupart des enfants, mais je n’avais jamais envisagé d’en faire une carrière avant que j’entre au Département de graphisme du Cégep de Sherbrooke. C’est vraiment à ce moment-là que j’ai découvert l’univers de l’illustration. Je suis tombée en amour immédiatement avec cette façon d’utiliser l’art pour communiquer des messages. 

J’aime le temps des Fêtes, Radio-Canada et Méditation sur les félins, Revue Zinc, Hors série, Delphie Côté-LacroixJ’aime le temps des Fêtes, Radio-Canada et Méditation sur les félins, Revue Zinc, Hors série, Delphie Côté-Lacroix

Quelles sont vos sources d'inspiration?

Comme je travaille habituellement avec des textes écrits par d’autres, leurs mots et les idées qu’ils souhaitent communiquer sont ma principale source d’inspiration. C’est un travail d’interprétation, bien sûr, alors j’y ajoute ma couleur pour en faire une œuvre collaborative où deux visions se rencontrent.

Pour mes œuvres personnelles, je m’inspire principalement de deux choses. D’abord, de la nature et des grands espaces. Je sais que je ne suis pas la seule avec ce besoin de me retrouver en nature pour conserver un semblant de santé mentale. Les déposer sur papier, c’est une façon de prolonger l’expérience et de la faire vivre à d’autres. 

Ensuite, je m’intéresse beaucoup à la psychologie, surtout aux relations humaines. Je suis fascinée par nos contradictions, nos certitudes, notre conditionnement social. C’est un peu moins présent visuellement dans mes œuvres actuelles, mais je compte développer ces idées dans la scénarisation d’une bande dessinée.

 


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Comment est née votre envie de raconter des histoires?

On essaie tous de trouver du sens dans la vie, de comprendre le monde, de trouver des trucs pour faciliter notre quotidien, nos relations, etc. L’existence, c’est compliqué, et personne n’a vraiment toutes les réponses, mais on a tous des petits morceaux d’information. Si on les rassemblait tous, on aurait une vision d’ensemble plus complète. Je me dis qu’en racontant des histoires, je participe moi aussi à cette œuvre collective.

Jack et le temps perdu, Quai No5, Delphie Côté-LacroixJack et le temps perdu, Quai No5, Delphie Côté-Lacroix

Parlez-moi de l’importance de la bande dessinée dans votre vie. Quels auteurs, autrices et albums de bande dessinée ont changé votre vie?

J’ai découvert la bande dessinée assez tard. Les ouvrages qui m’ont fait tomber en amour avec la BD relèvent de la BD reportage ou de l’autofiction (Guy Delisle, Marjane Satrapi, Art Spiegelman, pour n’en nommer que quelques-uns). Je me souviens d’avoir pensé « Wow, la BD, ça peut être ça?! » 

Avant de choisir le graphisme, je voulais être journaliste. C’est d’ailleurs en m’impliquant dans mon journal étudiant au secondaire que j’ai découvert que j’aimais vraiment beaucoup en faire la mise en page. J’ai toujours eu un immense respect pour le travail des journalistes, pour la contribution primordiale de leur travail à une société démocratique saine. Je pense qu’en découvrant la BD reportage, j’ai compris que je pourrais finalement, moi aussi, contribuer à ma façon et réconcilier un peu ces deux univers. 

 

Je vous cite : « Les créations de bandes dessinées prennent un temps fou, mais sont ô combien satisfaisantes. C’est comme courir un marathon. » Parlez-moi de cette passion de longue haleine qui vous comble de bonheur.

Ce que je trouve satisfaisant, c’est surtout de réussir à atterrir après m’être lancée dans le vide. Je suis loin de maîtriser le médium, alors pour moi, commencer un album de BD, c’est me dire : « Je ne sais pas du tout ce que je fais, mais j’imagine que je vais finir par apprendre en cours de route. » Après, oui, la durée et l’ampleur du projet sont un défi en soi. Je pense que le bonheur tient de la fierté de l’accomplissement autant que d’avoir enfin fini et de pouvoir passer à autre chose. (Rires) 

Série d’œuvres sous le thème de la contemplation, Delphie Côté-LacroixSérie d’œuvres sous le thème de la contemplation, Delphie Côté-Lacroix

Décrivez-moi l’ambiance sonore propice à la création pour vous.

Quand j’ai besoin de toute ma concentration, pour faire de la conception par exemple, j’aime la musique instrumentale électronique un peu répétitive. Sinon, quand je peux me le permettre, j’aime beaucoup écouter des balados traitant de psychologie. Mes préférés sont : Where Should We Begin, d’Esther Perel, et The Psychology Podcast, de Scott Barry Kaufman.

 

Décrivez-moi votre espace de création.

Je viens tout juste de réorganiser mon espace de travail, en espérant avoir trouvé une formule gagnante et non pas juste une surface de plus sur laquelle étendre mon désordre. (Rires) J’avais un bureau où j’utilisais principalement mon ordinateur et mon iPad auquel j’ai ajouté perpendiculairement un deuxième bureau où je peux laisser mon matériel d’art sorti, accessible en tout temps (gouache, carnet de croquis, crayons acryliques, crayons de bois, etc.). J’ai vraiment plus de chance de prendre du temps régulièrement pour peindre si ça ne demande pas de sortir puis ranger tout le matériel là chaque fois.  

Des bières et des femmes, couverture de livre, Hurtubise et Simone Simoneau, chronique d’une femme en politique, Quai No5, Delphie Côté-LacroixDes bières et des femmes, couverture de livre, Hurtubise et Simone Simoneau, chronique d’une femme en politique, Quai No5, Delphie Côté-Lacroix

Quel lieu vous inspire le plus?

Mon lieu idéal, c’est la rencontre de la forêt et de l’eau. J’aime particulièrement partir camper en canot, me retrouver vraiment seule en nature le temps de quelques jours. Ça fait un bien fou d’être loin de ma liste de choses à faire. En ville, j’ai de la difficulté à m’autoriser à relaxer tant que ma liste n’est pas toute cochée (divulgâcheur : elle ne l’est jamais). En camping, j’ai juste rien d’autre à faire que ce qui me plait le plus au monde : manger, nager, lire, dessiner, faire des feux, regarder les étoiles.

 

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