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Artiste à découvrir: Elodie Duhameau, illustratrice

Artiste à découvrir: Elodie Duhameau, illustratrice

Patrick Dupuis

17 juin 2020

Racontez-moi un souvenir de jeunesse qui a pu avoir une influence sur votre choix de devenir illustratrice : 
Enfant, je passais beaucoup (trop) de temps à regarder des films Disney. Je dessinais chacun des personnages (mais surtout les héroïnes) en faisant des arrêts sur images et en décalquant directement sur la télévision cathodique. Je redessinais les scènes, j'en imaginais de nouvelles  et je créais même des suites. J'étais tellement passionnée que je rêvais qu'un jour, Monsieur Mickey viendrait dans mon école et me dirait: «Mademoiselle Duhameau, nous avons besoin de vous et vous seule pour révolutionner le monde de l'animation, voici un contrat». Boum! La reconnaissance et la gloire à 10 ans. Rien de moins.

 

En vos mots, décrivez-moi votre style artistique.
J'ai envie de toucher et de faire rire. J'aime imaginer des personnages expressifs et des couleurs vives. Je cherche encore mon style, alors j'explore différents rendus et différentes silhouettes. Je suis récemment revenue aux crayons de couleur. Énorme plaisir! High Five mental de l'Elodie d'aujourd'hui à L'Elodie enfant.

 

 

L'une de vos spécialités est l'illustration d'albums jeunesse. Parlez-moi de la création pour les jeunes lecteurs.
Quand je prends mes crayons, il n'y a pas meilleur public qu'un enfant qui vous regarde dessiner. Je me sens alors plutôt comme une enfant qui fait un dessin pour un autre enfant, juste un peu plus jeune.

 

La tendre série Auto-câlins nous donne envie de prendre soin de soi. Dites-moi en plus sur cette belle idée.
J'aimais l'idée de ce moment d'intimité flottante avec soi. Je trouve vital d'arriver à faire des pauses régulières pour se cajoler le corps et l'esprit, prendre le temps de remercier notre corps de fonctionner (pour ceux qui ont la chance d'avoir un corps en bon état) et de nous permettre de ressentir les choses plutôt que l'accabler pour ses imperfections. Prendre le temps de respirer, méditer et ressentir de la gratitude. Je dis ça comme si c'était facile et évident, mais pour moi ce n'est pas intuitif!

 

 

Pour des expositions au Centre des Sciences de Montréal, vous avez donner vie en grand format à des araignées et à des astronautes dans l'espace. Parlez-moi de ces projets.
Et je suis arachnophobe! Projet thérapeutique? J'ai eu la chance de collaborer trois fois avec l'agence Tank et le Centre des Sciences de Montréal. Des formats en grand oui, mais le plus fou a été de voir mes illustrations prendre vie en animation. Voir ses petites créations marcher, sauter, parler, c'est magique!

 

 

Dans une série d'illustrations sur les légumes et la musique, John Lennon est une aubergine, Freddy Mercury est un oignon et Elvis Presley est un chou. Comment est née cette idée hilarante.
L'idée est née d'une discussion avec une amie. On cherchait le meilleur jeu de mot avec le mot «radis». «Are you radis for this» m'est venu et hop c'était parti pour rire toute seule à mon bureau avec mes jeux de mots fruito-légumino-musicaux: «We are the oignons my friend», «Aubergine all the people», «Don't you step on my blue suede chou». Il m'en faut peu.

 

 

Quelle est la routine propice à trouver vos meilleures idées?
Je n'en ai aucune! Je peux me perdre dans mes pensées alors que j'écoute un balado, de la musique, un film, ou tout simplement en ne faisant absolument rien. Une idée ou une image me fait le plaisir de surgir et je la note dans un coin de ma tête (ce qui s'avère moyennement fiable) ou dans un carnet (plus fiable).

 

Quelles sont vos sources d'inspirations?
Les gens dans la rue, mon chat, les films, Instagram, Pinterest, ma famille, mes amis, les autrices-eurs et illustratrice-eurs jeunesse ou adultes de génie.

 

 

Parlez-moi d’un ou une artiste de votre discipline que vous affectionnez particulièrement.
Aude Picault, autrice et illustratrice de bande dessinée et livre jeunesse. Je pense avoir eu les plus gros fous rires et les plus grosses larmes avec elle. Des scènes d'étudiants-musiciens «très-très-très» alcoolisés dans Fanfare, au bouleversant Papa. Elle arrive à faire passer tellement d'émotions avec très peu. Et c'est magnifique en plus! Années après années je peux reprendre ses albums sans jamais me lasser.

 

Partagez-nous l'un des coups de coeur culturels qui nourrissent votre créativité.
Je travaille la plupart du temps avec du son dans les oreilles. Musique, spectacle d'humoriste, émission, ou même un film en arrière-plan. Depuis quelques temps, j'ai un gros faible pour l'émission de radioRemède à la mélancolie. La journaliste Eva Bester reçoit une personnalité. Elle lui demande sa définition de la mélancolie et ses remèdes. J'en ressors chaque fois avec des tonnes de livres, films, chansons et histoires qui donnent le sourire. Je fais le plein!

 

 

Quels sont les projets qui sommeillent dans la tête de Elodie Duhameau?
En tant qu'illustratrice, j'ai plusieurs albums jeunesse en cours, de vraies petites pépites d'écriture. Je suis ravie. Je suis aussi en train d'en écrire un pour la première fois. J'ai vraiment hâte qu'il voit le jour.

 

Quel serait l’un des vos rêves de création les plus fous?
Foufou, vraiment fou? Réussir à écrire et illustrer un album qui touche, conscientise et vit suffisamment longtemps pour toucher sur plusieurs générations.

 

Quel est votre meilleur conseil à donner à un/une jeune artiste?
Pratiquer, explorer, s'amuser! Tout en prenant régulièrement du recul sur les valeurs et la portée de ses images.

 


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