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Ce billet vous est offert par l’équipe web de C’est juste de la TV.


Qui dit fin d’année dit nécessairement bilans. Et à CJDLTV, on aime faire des bilans télévisuels : qu’avons-nous regardé cette année? Quelles émissions ont été les plus marquantes, pour le meilleur et pour le pire?

On a fait une recherche presque archéologique dans notre enregistreur numérique, et on a sorti de cette fouille une liste des émissions qui ont marqué cette année où le petit écran a été particulièrement important!

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C’est comme ça que je t’aime

Aaaah…! L’année 2020 avait tellement bien débuté! Une nouvelle décennie qui s’annonçait pleine de promesses, et qui commençait en force avec la sortie de la série de François Létourneau C’est comme ça que je t’aime

Cette nouvelle collaboration entre Létourneau et Jean-François Rivard (Les Invincibles, Série noire) était des plus attendues, même si Létourneau était cette fois-ci seul à l’écriture; Rivard se concentrant sur la réalisation. 

C’est probablement la meilleure production du duo, et ce n’est pas peu dire si on regarde son CV. Des dialogues qu’on citera à l’infini; la même folie que Série noire, mais avec un rythme beaucoup plus soutenu; la révélation qu’est Marilyn Castonguay... tout y est pour que la série s’inscrive dans nos mémoires. 

À part de se faire vacciner contre la COVID-19, la saison 2 de C’est comme ça que je t’aime est probablement la chose à laquelle on a le plus hâte. 
 

Présentée sur ICI Tou.tv.

 

Tiger King: Murder, Mayhem and Madness (Au royaume des fauves)

Oui, on a l’impression que ça fait un siècle, mais Tiger King est bel et bien sortie en 2020.

On fera ça brièvement, parce que cette proposition Netflix a déjà amplement fait jaser, mais comment ignorer une série documentaire aussi folle? Des personnages plus grands que nature et un réalisateur chanceux d’avoir filmé autant d’images avant que les événements ne deviennent si dramatiques : voilà la recette d’une série documentaire plus invraisemblable que n’importe quelle fiction. 

Une chose est sûre : on ne verra plus jamais les zoos de la même façon.
 

Présentée sur Netflix.

 

Mon fils

Le public québécois aime généralement deux choses : les comédies et les séries dramatiques très dramatiques. Mon fils tombe fermement dans la seconde catégorie. 

Cette série, qui raconte l’histoire d’une mère qui accompagne son fils dans son diagnostic de schizophrénie, s’arrange pour que vos yeux ne restent pas secs. 

Œuvre des vénérables scénaristes Anne Boyer et Michel d’Astous (Le retour, 2 frères, Nos étés, Yamaska), Mon fils bénéficie d’une écriture fine et sensible, essentielle devant un sujet si délicat. 

On connaissait le grand talent d’actrice d’Élise Guilbault, mais on découvre aussi la profondeur d’Antoine L’Écuyer, un acteur en plein contrôle de ses moyens qu’on risque de continuer à voir sur nos écrans dans les années à venir.
 

Présentée sur TVA+.

 

Rue King

On a une grande tradition d’impro au Québec, mais ça faisait quelques années que le genre avait disparu de nos écrans. Ironiquement, il aura fallu l’adaptation d’un format allemand pour ramener l’impro à la télé!

Rue King, c’est une comédie de situation dont les grandes lignes sont écrites, mais où les textes sont largement improvisés par les comédiennes-improvisatrices et comédiens-improvisateurs de talent (Pier-Luc Funk, Marie-Ève Morency et Sophie Cadieux pour n’en nommer que trois) menés par les directives de Stéphane Bellavance. 

Il s’agit d’une série à la fois drôle et impressionnante qui vaut le détour. On a hâte à la deuxième saison, en 2021!
 

Présentée sur TVA+.

 

M’entends-tu?

La première saison de M’entends-tu? nous a révélé que Florence Longpré est bien plus que l’interprète « funnée » de Gaby Gravel. C’est une autrice sensible au grand talent. La deuxième saison, elle, nous a confirmé que ce n’était pas un coup de chance. 

M’entends-tu? ose montrer la pauvreté à l’écran telle qu’elle est vraiment. Le regard n’est pas misérabiliste, mais plutôt franc et honnête, et nous force à nous remettre en question. Les personnages sont attachants malgré toutes leurs failles, et cet équilibre difficile est rendu possible par le grand talent des interprètes du trio principal : Florence Longpré, Mélissa Bédard et Eve Landry. 

On pourrait en parler longtemps, mais on vous encourage plutôt à vous dépêcher à dévorer cette série à la fois drôle et brutale en attendant la troisième saison.
 

Présentée sur le site de Télé-Québec et sur Netflix.

 

Schitt’s Creek (Bienvenue à Schitt’s Creek)

L’année 2020 a été celle où le monde a découvert Schitt’s Creek, et il en était grand temps, parce que c’était la dernière année de la série.

Au gala des Emmy, la série a remporté tous les prix majeurs en comédie, une première en 72 ans d’histoire. Ça a piqué la curiosité de la planète, la série explosant dans les classements Netflix. 

Ce qui fait la force de la série, c’est ses interprètes d’exception. Tout le monde est bon, d’Annie Murphy (la Paris Hiltonesque Alexis) à Dan Levy (le complexe David) en passant par son père, le légendaire Eugene Levy (Johnny, mais aussi le père dans Folies de graduation). Mais c’est sans doute Catherine O’Hara qui vole chaque scène dans son interprétation ridicule de l’exubérante Moira. C’est une joie de voir une comédienne déployer pleinement son talent, surtout à un âge où les comédiennes qui réussissent à trouver du travail sont souvent confinées à des rôles secondaires de grand-mères.
 

Présentée sur CBC Gem, Netflix et Prime Video.

 

Fragile

Serge Boucher s’est taillé une place dans la télévision québécoise en écrivant des séries qui ne durent qu’une saison et qui mettent en scène un suspense psychologique où tout le monde tente de dissimuler ses secrets. Fragile est de la même trempe, et c’est encore une fois une réussite. 

On y présente l’amitié improbable entre deux jeunes hommes, Dominic (Pier-Luc Funk) et Félix (Marc-André Grondin). Mais surtout, on essaie de comprendre pourquoi on les a retrouvés morts ensemble dans un fossé (ce n’est pas un divulgâcheur, c’est ainsi que la série s’ouvre). 

Les révélations seront choquantes, et les mystères, enlevants. C’est une série de Serge Boucher, après tout. 
 

Présentée sur ICI Tou.tv.

 

Escouade 99

L’adaptation par Patrick Huard de la populaire série américaine Brooklyn Nine-Nine a beaucoup fait parler d’elle cette année, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons, de prime abord. 

Certaines personnes ont reproché à Huard de monter une version « petit budget » de la grosse production de nos voisins du Sud. Puis, un tweet de Melissa Fumero (l’interprète américaine du personnage Amy), a mis en relief la blancheur de la distribution québécoise et a créé toute une vague de notre côté de la frontière. Il faut le dire, ce débat est assurément nécessaire, et on le repousse depuis trop longtemps.

Cela étant dit, on ne peut pas reprocher à Huard d’avoir fait un mauvais travail de réalisation. Si vous avez déjà dévoré la série originale, il y a fort à parier que vous ne trouverez rien de bien nouveau dans la version québécoise. Mais pour les autres qui l’ont manquée (ou qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue de Samberg), il s’agit d’une reconstitution fidèle de l’originale qui démontre que nos interprètes n’ont rien à envier à leurs collègues des États-Unis.
 

Présentée sur Club illico.

 

Canada’s Drag Race

La populaire télé-réalité américaine RuPaul’s Drag Race a finalement eu droit à sa version canadienne, et le public québécois a été choyé. En effet, la « reine de Montréal », Rita Baga, s’est illustrée tout au long de la saison, montant sur le podium final (mais on ne vous dit pas sur quelle marche; il faudra écouter la saison!). 

L’essentiel de la recette de RuPaul reste intact : défis rocambolesques, personnalités plus grandes que nature, et surtout, un sens du spectacle qui fait l’apanage des drag queens. Mais le plus grand legs de cette saison, au Québec du moins, aura été d’éveiller l’intérêt de nos médias pour cet art si populaire dans le monde anglophone.

Shantay, you stay!


Présentée sur Crave.

 

The Queen’s Gambit (Le jeu de la dame)

Si vous doutez de l’ampleur du phénomène The Queen’s Gambit, il suffit de savoir que la série a accumulé 62 millions de visionnements en un mois seulement; un record pour une fiction sur Netflix. Les inscriptions (surtout de femmes) à des clubs d’échecs ont explosé, tout comme les ventes de jeux d’échecs. On raconte même que le site Chess.com aurait eu de la difficulté à faire face au pic d’affluence. 

Mais il y a une raison à cette folie : la série est excellente. 

Ce n’est pas simplement une série sur les échecs, mais c’est également une série sur la dépendance et la résilience. Propulsée par une écriture remarquable et le jeu exceptionnel d’Anya Taylor-Joy, la série vaut indéniablement le détour. 

Présentée sur Netflix.


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