Pas touche à mes galas!

Pas touche à mes galas!
Crédit : Radio-Canada/Jean-François Leblanc

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On entend de plus en plus fréquemment les gens remettre en question la pertinence des galas télévisés. Les cotes d’écoute diminuent d’année en année, et l’intérêt général pour ce genre de cérémonie semble s’étioler. Malgré tout, une base d’ardentes et d’ardents défenseurs reste fidèle au poste, et j’en fais partie. 

Pas touche à mes galas! Voici pourquoi.

 

C’est rassembleur

À l’ère des plateformes d’écoute en continu, les galas en direct font partie des seuls événements télévisés ayant encore le pouvoir de rassembler des gens dans leur salon en même temps. Les réseaux sociaux permettent même au public de réagir en direct et de mettre le feu à l’Internet. Ça crée des référents communs aussi.

De quoi parlerait-on le lendemain du Gala de l’ADISQ si Ginette Reno ne s’était pas trompée dans le nom de Fouki? Si Hubert Lenoir ne s’était pas inséré le trophée dans la bouche? Qu’on aime ou pas, ça nous fait vivre quelque chose. Ça nous fait jaser.

 

Des artistes vulnérables

Les galas nous permettent également de voir les artistes qu’on admire sous un nouveau jour. Qui n’a jamais fait semblant de recevoir un trophée devant un miroir étant enfant? Quand on regarde un gala, on voit des rêves se réaliser en direct. Les discours de remerciement donnent lieu à des moments profondément humains et touchants. 

Olivia Colman qui perd tous ses moyens pendant ses remerciements aux Oscars en 2019 en est un magnifique exemple. 

C’est également une excellente tribune pour lancer un message aux industries culturelles et aux instances politiques. On n’a qu’à penser à Sacheen Littlefeather, qui est montée sur scène pour refuser un Oscar au nom de Marlon Brando en 1973 en dénonçant le traitement réservé aux Autochtones dans l’industrie du cinéma.

 

Une vitrine pour la culture

Surtout au Québec. Dans un environnement dominé par les géants du web, la culture québécoise est de plus en plus menacée. Les galas télévisés demeurent une belle vitrine pour découvrir des films et de la musique, et pour rendre hommage à ce qui se fait chez nous. 

Louis-José Houde lors de son dernier Gala de l'ADISQ en 2023.
Crédit : Radio-Canada/Jean-François Leblanc

Par exemple, avec la disparition de chaînes spécialisées comme Musique Plus, un gala comme celui de l’ADISQ est devenu l’essentiel événement promotionnel de la chanson d’ici – grâce notamment à l’excellent travail de Louis-José Houde au cours des 18 années où il a tenu la barre de la cérémonie avec brio.  

 

Des vêtements fascinants

Du beau, du beau, du beau. On passe notre vie au milieu de gens habillés en jeans et en t-shirt. Les transports en commun sont bondés de gens vêtus de noir et de gris. Depuis quatre ans, le télétravail s’est installé dans nos vies, chassant du même coup les pantalons habillés de nos garde-robes. 

Je veux encore ouvrir ma télé le dimanche soir et voir du doré, des coupes audacieuses et des volumes extravagants. Des personnes qui osent autre chose que l’habit noir et la chemise blanche. Sortez-moi un peu du quotidien. Donnez-moi encore la chance de dire : « Je peux pas croire qu’elle s’habille de même avec tout l’argent qu’elle a! » Je veux voir Karine Vanasse habillée propre loin d’une Nissan. 

 

Le drame

Que serait un bon vieux gala sans drame ou chicane? Chaque année, les nominations plaisent à certaines personnes et déplaisent à d’autres. Et ça, c’est quand on ne snobe pas carrément un ou une artiste, ou une œuvre. The Weeknd peut vous en parler. Blinding Lights était LA chanson de l’année en 2020, et les Grammys n’ont même pas daigné lui offrir une nomination dans cette catégorie.  

Pour ce qui est de la chicane, Mario Pelchat « qui pleure dans la pluie » parce que Klô Pelgag a gagné, et pas Guylaine Tanguay, c’est du bon matériel. Quant aux Gémeaux, chaque année, c’est un peu le Noël d’une famille avec ses problèmes. Mention spéciale au Gala Les Olivier qui, d’année en année, nous offre des bien-cuits de qualité supérieure.

 

Une usine à blagues et à mèmes

Si je mets tout ce qui a été mentionné plus haut dans le grand bol d’Internet, ça nous donne du contenu de qualité. Depuis la fameuse claque aux Oscars, Will Smith est devenu le référent de base chaque fois que quelqu’un dit quelque chose qui n’a pas d’allure à la télé. « Y’est où, Will Smith, quand on en a besoin? » 

En 2015, les gants de Lady Gaga sur le tapis rouge des Oscars ont été détournés de façon brillante sur Internet. 

Avec la saison des galas qui bat son plein présentement, je vous souhaite de bons Oscars, de bons Oliver, de bons Grammys. Longue vie aux cérémonies télévisées!

 

Quel est votre gala de prédilection?

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